Luar Na Lubre et Altan – Festival Interceltique de Lorient – FIL 2017

Luar Na Lubre et Altan – Festival Interceltique de Lorient – FIL 2017

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 Luar Na Lubre – fameux groupe galicien -, fidèle à la musique de ses ancêtres, s’est donné à l’Espace Marine avec talent et rigueur, heureux de partager sur la scène de vrais instants musicaux avec un public à l’écoute attentive et généreuse.

Le chef de groupe à la gaïta donne instinctivement le rythme à ses partenaires musiciens – guitare, flûte, bodhran, bouzouki, chello et fiddle … – et à la joueuse de gaïta, en même temps que chanteuse. L’ensemble soigné et convaincant fait que ce début de soirée festive donne une saveur bien frappée de l’esprit musical celtique.

Créé dans les années 1980, le célèbre groupe irlandais Altan est venu au Festival Interceltique de Lorient, voici une trentaine d’années déjà, et le FIL est son royaume.

Fiddle, flûtes, bouzouki, guitare, harpe celtique, uilleann pipes – cornemuse irlandaise –, chants gaéliques et bretons, la soirée irlando-bretonne ne manque pas de nerfs pour l’auditoire nombreux, invité à découvrir le trésor du patrimoine musical gaélique à travers un répertoire d’abord collecté et orchestré de ballades, de jigs et de reels.

Mairéad Ni Mhaonaig est la maîtresse de cérémonie – voix cristalline du chant gaélique irlandais et maîtrise incontestée du fiddle qui fait se déployer l’imaginaire.

Naturel, humilité, simplicité des grands artistes, elle n’oublie jamais l’auditoire.

Le groupe de musique traditionnelle irlandaise allie histoire et modernité, donnant à l’ambiance des sonorités dégagées une liberté d’épanouissement spontanée et vive : cadences, rythmes, envolées des airs et joie sensuelle et sentie de vivre enfin – à la fois, faire résonner et faire danser-, les preuves mêmes de la belle volonté d’exister.

L’esthétique est immédiatement identifiable – joie et gaieté, convivialité, instruments, chants et danses -, la musique irlandaise est en capacité de rencontrer la musique bretonne que trois artistes interprètes restituent avec une somptuosité flagrante.

Ronan Le Bars aux uilleann pipes et Sylvain Barou aux flûtes – deux figures de la musique bretonne – donnent toute la grâce et la puissance de leur talent musical.

Véronique Hotte

Espace Marine, le 9 août – Festival Interceltique de Lorient, du 4 au 13 août (FIL 2017)

For ever Fortune par Les Musiciens de Saint-Julien (musique écossaise du XVIII é siècle) Festival Interceltique de Lorient, du 4 au 13 août 2017 – Année de l’Ecosse

Crédit photo : DR

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For ever Fortune par Les Musiciens de Saint-Julien (musique écossaise du XVIII é siècle)

Festival Interceltique de Lorient, du 4 au 13 août 2017 – Année de l’Ecosse

Musiques, poèmes et chansons du XVIII é siècle baroque écossais, l’instrumentarium rare des Musiciens de Saint-Julien à travers le spectacle For ever Fortune impose sa splendeur ancienne et contemporaine à un public ébloui.

La flûte – flûte à bec et flûte traversière – est à l’honneur, mais encore les cordes – violoncelle, viole de gambe, luth et harpe baroque avec cordes de métal ou de boyau – et aussi, comme en majesté picturale, les musettes, les small pipes – cornemuses écossaises – du chercheur et flûtiste inspiré François Lazarevitch.

La beauté esthétique des instruments baroques illumine la scène de leur présence.

Les Musiciens de Saint-Julien jouent avec des copies d’instruments d’époque qui dégagent une fraîcheur musicale moderne profondément intuitive, à l’écoute des sensibilités atemporelles et éternelles qui émeuvent pareillement, au fil des siècles.

Le groupe de chambre baroque déploie une virtuosité au service de la redécouverte mémorielle des pratiques populaires et des fonds musicaux. Avec, comme matériau de réflexion, les partitions de répertoires exhumés par la transmission écrite ou orale.

Univers acoustique en soi, le répertoire écossais est joué à la mode du XVIII é siècle.

Les Musiciens de Saint-Julien représentent la Bretagne au Festival Interceltique de Lorient, s’amusant de « reels » et de gigues, de suites et contredanses – menuets, gavottes et autres pavanes – au rythme lent ou enjoué, et le chanteur alerte fait résonner la puissance contrôlée de la stridence de sa voix au service du seul poème.

Un instant rare et précieux d’écoute musicale sur les chemins baroque d’un dix-huitième siècle écossais vif et inventif, les compositions datant du début, du milieu ou de la fin du dix-huitième siècle, collectées et éditées (souvent sur le fonds Oswald).

Au moment de la prouesse interprétative des small pipes, le maître du jeu François Lazarevitch avoue la timidité qui l’envahit à jouer ainsi devant un public composé aussi de pipers très talentueux – écossais, irlandais, gallois et bretons – à Lorient.

La spectacle s’achève sur des airs classiques et traditionnels baroques irlandais dont la cadence n’a rien à envier à l’Ecosse, cette impulsion née de la danse ressentie.

Le charme ne s’épuise jamais à l’écoute de ces musiques profondes, alertes ou lentes, vives ou contemplatives, proches s’il est possible de tant de perfection.

Véronique Hotte

Palais des Congrès, le 8 août – Festival Interceltique de Lorient 2017

Festival Interceltique de Lorient, du 4 au 13 août – FIL 2017 Xabier Diaz & Adufeiras de Salitre et Kathryn Tickell &The Tide

Festival Interceltique de Lorient, du 4 au 13 août – FIL 2017

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Crédit photo : DR

Xabier Diaz & Adufeiras de Salitre et Kathryn Tickell &The Tide

Xabier Diaz – chanteur, musicien folk et compositeur – représente la nouvelle scène galicienne. Entouré de ses deux musiciens – vieIle à roue et guitare -, l’artiste se fait The Tambourine Man avec un ensemble de jeunes femmes Adufeiras de Salitre auxquelles il ne faut guère en conter quand il s’agit de percussions et tambourins, qu’ils soient circulaires ou bien carrés, ou qu’elles aient encore recours à deux coquilles Saint-Jacques qu’elles frappent l’une contre l’autre – solo ou chœur – tandis que s’échappent des cris stridents du fond de leur gorge puissante de musiciennes.

Musique et chants traditionnels venus de l’âme, Xabier Diaz impulse à son chœur féminin la sincérité – cadences et rythmes – qui le mène sur le chemin de la liberté.

Quant à Kathryn Tickell, l’artiste inspirée a commencé de jouer du smallpipes à neuf ans, ayant appris plus tard encore le Border pipes, et grande experte aussi du fiddle.

Avec le groupe The Tide, la compositrice, musicienne et interprète reste fidèle à l‘esprit et à l’essence de la tradition musicale du Northumberland d’où elle est originaire, bande située au Nord de de l’actuelle Angleterre, aux confins de l’Ecosse.

Kathryn Tickell est la représentante de la musique traditionnelle de cette région.

The Tide – Louisa Tuck au violoncelle, Amy Thatcher à l’accordéon, Ruth Wall à la harpe et Ian Stephenson à la guitare – sont des musiciens vifs et inventifs, pleins de punch. Ils présentent des morceaux originaux, des traditionnels, ou encore des reprises plus classiques de compositions d’Henry Purcell ou Percy Grainger…

Jigs et reels, les rythmes s’annoncent tant joyeux que mélancoliques, emportant le public dans un souffle étourdissant. Le paysage sonore prépare au rêve et au voyage onirique de contrées poétiques bien trempées, qui dansent naturellement.

Amy Thatcher laisse ainsi un instant son accordéon pour chausser ses souliers à claquettes, dansant avec l’énergie et la grâce qui révèlent le bonheur inouï d’être au monde – simplicité et distance – à travers la musique et la danse, des arts ressentis.

Le public acquis ne s’y trompe pas, entraîné dans une belle gaieté conviviale.

Très belle soirée musicale.

Véronique Hotte

Festival Interceltique de Lorient, du 4 au 13 août – FIL 2017, Grand Théâtre de Lorient, le 6 août.

Soirée d’Ouverture Ecosse au festival Interceltique de Lorient – FIL 2017

Soirée d’Ouverture Ecosse au festival Interceltique de Lorient – FIL 2017

 Crédits photo : DR

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Donald Shaw, Mischa McPherson Trio, Blasta, Tide Lines et Elephant Sessions

 La soirée traditionnelle d’ouverture au Festival Interceltique de Lorient, donnée dans le Grand Théâtre de Lorient au complet, a été confiée cette année – Année de l’Ecosse 2017 oblige – au jeune Festival Hebcelt de Stornway dans l’Ile de Lewis.

Lors de ce festival de la fin juillet qui vient de s’achever, les groupes de musiques traditionnelles celtes et rock se succèdent dans les jardins de Lady Lever Park : les caravanes, tentes et chapiteaux colorés sont montés pour cet instant festif précieux.

Une image conviviale que l’on peut apprécier le temps d’un ciné-concert des plus engageants pour découvrir la beauté impériale d’une nature puissante, caractéristique des Iles Hébrides : mer en colère, rochers découpés et pointus, poissons, loutres, oiseaux de proie, étendues ondoyantes et venteuses de verdure.

L’instant de la représentation et du concert semble s’être arrêté sur la création somptueuse du monde et l’enivrement à n’en plus finir de sa contemplation.

Les Iles Hébrides – les Hébrides extérieures situées à l’extrême nord-ouest de l’Ecosse – dessinent un horizon lointain et énigmatique, avant les terres d’Amérique.

C’est la terre privilégiée des chants gaéliques profonds et rythmés que renouvellent sans cesse et naturellement des générations virtuoses dont le sens musical est vécu comme une seconde nature – respect de la tradition et ouverture à la modernité.

Donald Shaw, créateur du film sur les Hébrides, dirige en première partie et en direct un groupe de musiciens traditionnels exceptionnels, réunis spécialement pour le FIL.

Tandis que défilent en fond de scène les images merveilleuses du paradis naturel des Hébrides extérieures, se produit le trio Mischa Mc Pherson avec chant gaélique, guitare, pipes et whistles. Rythme sûr, hauteur céleste de la voix, les instruments traditionnels emportent l’auditeur loin dans le vaste imaginaire d’un paradis protégé.

Formations féminines et aériennes de chant gaélique, solo de danse écossaise et groupes rock virils bien balancés, les groupes engagés Blasta, Tide Lines et Elephant Sessions se suivent dans la bonne humeur et la jeunesse des interprètes.

L’Ecosse d’aujourd’hui est aussi aux taquets du rock – musique et goût tendance.

Blasta, mot gaélique pour « goûteux » ou « délicieux », désigne cinq chanteurs gaéliques performants, tous originaires de l’ile de Lewis, Calum Alex Macmillan, Anna Murray, Misha Macpherson, Ceitlin Smith et Josie Duncan.

Tide Lines, groupe de quatre artistes écossais – Robert Robertson, Ross Wilson, Alasdair Turner et Fergus Munro – musique influencée par la tradition de l’Ouest des Highlands et de ses îles, présente un sop éclectique – guitares électriques et acoustiques, batteries et claviers.

Elephant Sessions, quintet néo-traditionnel crée un mélange progressif de mélodies complexes – guitares, basse et batterie, funk et électro.

Beauté sauvage d’une nature indomptable, la musique celte des Hébrides emporte l’adhésion du public attentif et ébloui, rivé à l’écoute des sons et musiques d’une terre caractéristique en même temps qu’universelle, à la fois atemporelle et actuelle.

Véronique Hotte

Festival Interceltique de Lorient –FIL 2017,Grand Théâtre de Lorient, samedi 5 août.