HEROE(s), un projet de et avec Philippe Awat, Guillaume Barbot et Victor Gauthier-Martin

Crédit photo : Sylvain Duffard

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HEROE(s), un projet de et avec Philippe Awat, Guillaume Barbot et Victor Gauthier-Martin

Qui sont les héros ? Les lanceurs d’alerte, si l’on en croit le spectacle HEROE(s), réunion politique d’artistes engagés qui ne peuvent rester indifférents à ce qui se passe alentour en nos temps de terrorisme et de guerresen Syrie et autres pays.

Les héros qu’ils affichent être eux-mêmes par un détour ironique sont encore les metteurs en scène, acteurs et directeurs de compagnie, Philippe Awat de Feu Follet, Guillaume Barbot de Coup de Poker et Victor Gauthier-Martin de Microsystème.

En résidence au Théâtre de Chelles entre 2015 et 2017, le trio d’amis manifeste une volonté commune de se réunir en collectif pour créer un objet théâtral en écho à un monde contemporain extrêmement incisif, ainsi les attentats du Bataclan de 2015.

Le spectacle s’est donné, entre autres, au TCI à Paris en février 2018.

Travail de fourmi et enquête en cours, rigueur journalistique, enthousiasme des débuts suivi peu à peu de résultats lents et décevants, si l’on considère cette longue peine ardue qui consiste à traquer la tactique guerrière de l’improbable Daesch.

Et remonter la filière financière de ces mouvements de haine, responsable en diable.

Les comédiens-citoyens s’informent et font le compte verbal de leurs connaissances.

Au XXI é siècle, sont apparus les lanceurs d’alerte – « fous » ou héros d’aujourd’hui – dénonçant les dérives malhonnêtes – pléonasme – du monde capitaliste. Vigilants par nature, et d’une juste conscience civique, politique et sociale – on croyait que ces énergumènes avaient disparu du paysage sociologique, accusés d’utopie avérée.

Denis Robert pour l’affaire Clearstream, John Doe, Edward Snowden à présent, les vies personnelles et professionnelles de ces lanceurs d’alerte sont mises à mal.

Le lanceur d’alerte désigne toute personne, groupe ou institution qui, ayant connaissance d’un danger, risque ou scandale, adresse un signal d’alarme et, enclenche un processus de régulation, de controverse ou de mobilisation collective.

Le lanceur d’alerte – seul ou en groupe – estimant ses découvertes menaçantes pour l’homme, la société, l’économie ou l’environnement, les porte à la connaissance d’instances officielles, associations et médias, parfois contre l’avis de sa hiérarchie.

Il divulgue un état de fait dommageable pour le bien commun et l’intérêt public.

Les trois comédiens évoquent les documents fournis par le lanceur d’alerte anonyme connu seulement sous le pseudonyme de John Doe, de 1970 à fin 2015.

Les missions des lanceurs d’alerte sont rendues plus complexes encore par la loi sur le secret des affaires qui impose le silence à la presse sur des sujets sensibles.        Les trois évoquent un contact, une journaliste suivie aux Halles et passant une porte pour une séance de natation à la piscine, une réunion anonyme entre confrères.

Sont évoqués les Panama Papers et la fuite de plus de 11, 5 millions de documents confidentiels issus du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, détaillant des informations sur plus de 214 000 sociétés offshore et les noms de leurs actionnaires.

Aussi, les chiffres invraisemblables de l’évasion fiscale, les Paradise papers et autres montages financiers : les « prises » d’un groupe de journalistes internationaux.

Les sociétés « offshore » ne sont pas illégales en elles-mêmes, mais est illégal leur usage comme sociétés-écran dans l’évasion fiscale ou le blanchiment d’argent.

A titre d’essai, nos lurons créent leur propre société offshore avec grande facilité, via la Société Générale : une démonstration concrète, pragmatique et presque à vue.

Humilité, réserve, moquerie mutuelle et réciproque, les trois amis racontent surtout le sentiment d’impuissance que chacun peut ressentir en ces moments de crise, quoiqu’on cherche, quoiqu’on enquête, quoiqu’on traque pour le bien public.

Reste l’amitié, l’esprit facétieux de camaraderie, l’entente existentielle face à un grand tableau noir d’écolier que l’on blanchit de chiffres et de noms  – Guerre économique, Vatican, « il faut fabriquer la peur pour justifier la guerre »…-, que les acteurs soient à table pour les repas ou à la cuisine pour préparer un plat.

L’écriture de HEROE(s)de Guillaume Barbot, d’après ce travail collectif, est soutenue encore sur le plateau par la création sonore et musique live de Pierre-Marie Braye-Weppe via les mouvements ludiques de son violon électrique.

Ressurgissent les retours à soi de chacun, la visite rituelle paternelle pour l’un, la naissance à venir puis venue chez le second, et les affaires afférentes au troisième.

Tous se retrouvent à la fin pour un bain nocturne dans le port de Brest, heureux.

Un travail authentique  d’investigation journalistique, politique et citoyenne, une vraie proposition théâtrale façon work in progress qui invite le spectateur à rejoindre le trio dans ses questionnements, ses égarements, ses errements et ses jolies trouvailles.

Véronique Hotte

Festival OFF Avignon, La Manufacture, 2 rue des Ecoles, jusqu’au 26 juillet, relâche le 19, à 10h20. Tél : 04 90 85 12 71

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Chili 1973 : Rock around the stadium, conception et écriture Hugues Reinert

Crédit photo : Arno HussenotCHILI 1973©Arnaud Hussenot 1.JPG

Chili 1973 : Rock around the stadium, conception et écriture Hugues Reinert

 Chili, le 11 septembre 1973, le gouvernement socialiste de Salvador Allende, élu démocratiquement trois ans plus tôt, est renversé par un coup d’état. Le général Pinochet prend le pouvoir par les armes. Le lendemain, L’Estadio Nacional de Santiago se transforme en camp de concentration où plus de douze mille opposants au pouvoir sont torturés, violés, assassinés, dont le chanteur Victor Jara.

 Pour couvrir les cris des victimes et éviter qu’ils ne parviennent aux oreilles du voisinage et de la presse internationale, Pinochet fait diffuser sans discontinuer de la musique dans les haut-parleurs du stade. Résonne ainsi Angie des Rolling Stones.

« Ce sont certainement les dictatures qui ont pris le plus vite au sérieux le football, devenu outil de propagande idéologique mais aussi instrument de cohésion sociale et d’identification nationaliste. » La Coupe du Monde 2018 récemment acquise ne dément pas un tel constat, quand on voit le déchaînement avéré de liesse populaire.

Parquée dans des stades, la population est distraite des questions sociales et politiques. Cultures populaires et renversements,  telle est l’étude scénique et musicale de la trilogie Amor – rock, foot et cinéma – du comédien Hugues Reinert.

Comment une culture populaire devient-elle celle de la domination dans laquelle le peuple n’est plus représenté ? Chili 1973 : Rock around the stadium– deuxième volet du projet – répond à la question, selon le regard du concepteur et musicien Hugues Reinert, accompagné du musicien et ingénieur de son Kevin Le Quellec .

Performance, installation sonore, concert et spectacle, cinéma et documentaire.

Avec guitares, pédales d’effet, batterie, synthé et musique rock pour salle de conférence et de ciné, pelouse de foot, vestiaires et place publique.

Après avoir symbolisé une jeunesse en révolte contre le vieux monde –  nouvelle énergie à la fois sexuelle et provocatrice – les Rolling Stones sont devenus les hauts représentants du monde occidental – la récupération marchande réussie d’une culture populaire – celle qui vient du peuple – et son renversement en culture dominante et de domination, jusqu’à devenir, depuis le concert à Cuba en 2016, des ambassadeurs légitimes des sociétés et du mode de vie capitalistes.

Les seuls de la génération des sixties à avoir traversé avec aisance le temps.

1973 est l’année des éliminatoires pour la Coupe du Monde de foot en Allemagne. Le Chili et l’URSS sont dans le même groupe qualificatif. Au match aller, le Chili obtient un nul en Russie. L’Estadio Nacional de Santiago doit accueillir le match retour le 21 novembre 1973. Dans un contexte de guerre froide, Pinochet étant soutenu par les USA, l’URSS refuse de jouer le match dans « le stade de la mort ».

La FIFA – Fédération Internationale de Football Association – missionne deux délégués sur place pour un compte-rendu de la situation ; ils concluent : « Nous avons trouvé que le cours de la vie était normal. Il y avait beaucoup de voitures et de piétons, les gens avaient l’air heureux et les magasins étaient ouverts. » Vision surréaliste…

Pour la FIFA et ses délégués, le match peut avoir lieu dans ce stade qui n’est qu’un centre d’orientation. Mais l’URSS reste inflexible et maintient le boycott.

La pièce de théâtre musical non fictionnel se penche sur le fameux match de football, mais avec la seule équipe nationale du Chili puisque les joueurs russes ne sont pas venus au Chili. Deux mois après le coup d’état du général Pinochet, le 21 novembre, la FIFA veut rendre légitime une rencontre qui n’aura pas lieu, une vitrine inventée au monde.

Avec conviction et détermination, Hugues Reinert déplie son argumentation, narrant le contexte et les événements, jouant peu au football sur la scène avant de rejoindre ses instruments de musique, et moins acteur de théâtre que narrateur et récitant.

Véronique Hotte

Festival OFF Avignon, La Caserne des Pompiers, 116 rue de la Carreterie 84000 Avignon, jusqu’au 23 juillet à 19h15. Tél : 04 90 01 90 28

L’Avalée des Avalés, d’après le roman de Réjean Ducharme, mise en scène de Lorraine Pintal (Théâtre du Nouveau Monde Montréal)

Crédit photo : Yves Renaud

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L’Avalée des Avalés, d’après le roman de Réjean Ducharme, mise en scène de Lorraine Pintal

« La vie ne se passe pas sur la terre, mais dans ma tête. La vie est dans ma tête et ma tête est dans la vie. Je suis englobante et englobée. Je suis l’avalée de l’avalé. »

L’Avalée des Avalés est la première œuvre du québécois Réjean Ducharme (1941-2017), publiée par Gallimard en France, l’ouvrage ayant essuyé un refus au Québec. Le roman, nommé pour le Prix Goncourt en 1966 a reçu le prix du Gouverneur général : poésie ou théâtre de langue française pour l’année 1966.

Etrange fillette que cette fameuse Bérénice Einberg de L’Avalée des Avalés que met en scène avec à-propos Lorraine Pintal. Le personnage principal est aussi conteuse de son histoire, témoignant d’une lucidité précoce – tellement vivante et vibrante.

Bérénice a la sensation, quand elle se présente aux spectateurs, d’être avalée par tout ce qui l’environne – physiquement et mentalement. Elle s’imagine soit tomber dans le vide de son ventre où elle étouffe, soit suffoquer en scrutant la vie alentour :

« Que j’aie les yeux ouverts ou fermés, je suis englobée: il n’y a plus assez d’air tout à coup, mon cœur se serre, la peur me saisit ».

La langue québécoise à travers laquelle s’exprime l’héroïne volubile est puissante, inventive, tournoyant sur elle-même, créant des images et des métaphores à n’en plus finir, un ballet verbal, un bouquet de mots stimulés par une ivresse naturelle, avant de repartir et s’envoler encore sur des chemins inouïs de la langue française :

« Je veux voguer sur des continents et des déserts. Je veux venir à bout des abysses et des pics. Je veux bondir d’abîme en sommet. Je veux être avalée par tout, ne serait-ce que pour en sortir. Je veux être attaquée par tout ce qui a des armes. »

Aux côtés de son frère bien-aimé, Christian, qui rêve de devenir lanceur de javelot, la locutrice est empêchée de vivre heureusement sur l’île des Sœurs dans la banlieue de Montréal : les enfants sont au cœur du conflit conjugal parental. Particulièrement lucide, elle est encline à suivre la fantaisie de ses rêves et de ses songes à travers des jeux de langage insolites et salutaires – une immunité contre l’ennui des jours.

« Je suis avalée par le fleuve trop grand, par le ciel trop haut, par les fleurs trop fragiles, par les papillons trop craintifs, par le visage trop beau de ma mère. Le visage de ma mère est beau pour rien. S’il était laid, il serait laid pour rien. Les visages, beaux ou laids, ne servent à rien. »

Bérénice est éduquée dans la foi juive paternelle et Christian dans la foi catholique maternelle, et les parents instrumentalisent les enfants pour tenter de blesser leur conjoint. De là, l’amour sans limites de Bérénice pour Christian auquel elle écrit des lettres dithyrambiques, interceptées par leur père, Mauritius Einberg.

La fillette éprouve le même engouement pour ses amies Constance Chlore et Gloria.

Pour la punir et mettre fin à cet amour rebelle et démesuré, le père envoie Bérénice en pension à New York chez un oncle autoritaire et juif très orthodoxe, et enfin en Israël, où l’action se termine tragiquement en plein cœur du conflit armé.

La prose poétique de Ducharme est portée par la verve, l’allant et l’emballement rythmé de la comédienne vive et vivace, éternellement juvénile, Sarah Laurendeau

La manipulation parentale – ses souffrances imposées – se fait jalouse de ses prérogatives d’adultes, dans l’ignorance des sentiments et du bien-être des enfants. Les mensonges des grands dispensent une violence éprouvée par les plus jeunes :

La jeune fille est sage avant l’heure, elle sait que l’étoffe des jours est changeante, entre gaieté et dépit : « Il ne faut pas avoir vécu bien longtemps pour pouvoir tirer de justes conclusions à propos du bonheur … On fait l’effort de s’en ficher, quand on est sage, quand on vit sa vie, Les alternances de joie et de tristesse sont un phénomène incoercible, extérieur, comme la pluie et le beau temps, comme les ténèbres et la lumière. On hausse les épaules et on continue. Fouette, cocher ! »

La scénographie de Charles Binamé pétille d’imagination pour révéler à la lumière les tableaux successifs du parcours de la protagoniste, de petits cadres magiques selon la directrice artistique Lorraine Pintal – une boîte qui donne vie à des instants de rêve éveillé, entre théâtre d’objets et de marionnettes auxquelles s’essaient les comédiens Sarah Laurendeau, mais aussi Benoît Landry et Louise Marleau.

Belle armoire de poupée aux battants mobiles, petits chapeaux festifs et échelle de bois, sous les chansons poétiques de l’auteur mises en musique par Robert Charlebois.

Un conte philosophique scintillant comme un joyau scénique ancré dans l’actualité contemporaine, et qui, au-delà d’une fin sombre, déplie une foi irrésistible en la vie – une volonté de résister, quoiqu’il arrive, pour sauver et l’existence et le monde.

Véronique Hotte

Avignon Festival OFF, Le Petit Louvre, 23 rue Saint-Agricol 84000 – Avignon, jusqu’au 29 juillet à 12h50, relâches les 18 et 25 juillet. Tél : 04 32 76 02 79

Les Déchargeurs, 3 rue des Déchargeurs 75001 Paris, du 6 novembre au 8 décembre 2018 à 19h30. Tél : 01 42 36 00 50

Qui suis-je ?, d’après le roman de Thomas Gornet (Editions du Rouergue), mise en scène Yann Dacosta – Théâtre à partir de 12 ans

Crédit photo : Arnaud Berthereau – Agence Mona

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Qui suis-je ?, d’après le roman de Thomas Gornet (Editions du Rouergue), mise en scène Yann Dacosta, dessinateur Hugues Barthe – Théâtre à partir de 12 ans

 La scénographie de Grégoire Faucheux pour Qui suis-je ?de Thomas Gornet dans la mise en scène précise et poétique de Yann Dacosta s’annonce lumineuse – une scène contemporaine surexposée photographiquement face au regard de la salle.

Cet espace scénique éblouissant de clarté invite le public à pénétrer du regard l’espace de jeu théâtral, une surface blanche de papier glacé de magazine – sols et murs lisses – et ses bancs adossés sur le panneau du lointain – écran de projection.

Les lieux pourraient représenter la cour de récréation d’un collège, une salle de classe, des vestiaires d’EPS, l’intérieur d’un bus, mais aussi la chambre personnelle du protagoniste esseulé dans l’appartement parental qui fait face à un immeuble.

L’écran frontal projette dans un esprit ludique et facétieux d’album d’enfance une bande dessinée cocasse réalisée par Hugues Barthe. Les figures dessinées au crayon – les parents du garçon et héros nommé Vincent, son frère Thibault… –  se mêlent aux personnages de chair et de sang des acteurs propulsés sur le plateau.

Comme s’il s’agissait d’une fiction réinventée – une composition savante élaborée.

Les spectateurs, mais aussi les pré-adolescents et les adolescents de tous les collèges du monde, sont comme invités à la démonstration tranquille d’un théorème scientifique : les données sont là, le personnage principal et ses amis, les bons et les méchants, la principale du collège plus extérieure, le nouvel élève, et l’histoire se met en route – hypothèses posées pour les éléments rigoureux d’une résolution à initier.

Vincent, interprété par Côme Thieulin, est à la fois personnage et narrateur d’un parcours intime. Avec calme, retenue et pudeur, il expose au public les tenants et les aboutissants de sa propre expérience juvénile griffée de confusion et d’étrangeté.

Un mal-être ressenti dans les vestiaires du collège quand le professeur d’éducation physique et sportive le rabroue face à ses difficultés à se hisser sur la corde, quand certains camarades se moquent de lui, de façon insistante et répétitive, quand ses vrais amis sont loin de le harceler mais lui font des remarques difficiles à saisir.

Vincent, tourné pourtant sur lui-même, ses rêves et ses aspirations, ne se doute de rien, quant à son orientation sexuelle : il ne s’est pas encore posé ces questions-là, relatives à la dite et prétendue crise d’adolescence : « Je me suis toujours demandé ce que les gens entendent par « crise d’adolescence ». Je me demande si chez moi, elle ne se traduit pas comme ça : une endive incapable de supporter son reflet… »

Les notes de bon élève de Vincent chutent au cours de l’année, correspondant à l’arrivée d’un nouvel élève dans la classe dont il pressent le joug qu’il provoque :

« Je repense à Myriam, à Aziz et ses pieds qui puent, Aux cours de montée à la corde. A la première fois où j’ai vu Cédric. Je regarde ses cheveux noirs. Ses yeux noirs. Son jean. L’élastique de son caleçon qui en dépasse. La grosse boule angoissante monte en moi. OK Je crois que j’ai compris. Ça va pas être facile. »

Comment parler « librement » de l’homosexualité quand on est adolescent et même adulte ? Rien n’est plus difficile, quand bien même on aborderait le sujet avec fière assurance. Le récit intime de Qui suis-je ?pose avec tact la naissance du désir amoureux et cette confrontation avec soi perçue à travers l’aiguillon de la différence.

Un spectacle à sujet « sérieux » mais enchanteur et malicieux, à connotation enfantine, d’autant que les comédiens y mettent de leur sien autour de Côme Thieulin, ainsi Théo Costa-Marini qui joue les affreux et les gentils, et Manon Thorel qui incarne avec allant la bonne copine et les autres femmes, la principale, etc…

Un joli moment ouvert de théâtre pédagogique, ludique et foncièrement humaniste.

Véronique Hotte

Festival Avignon OFF – 11. Gilgamesh – Belleville, 11 bd Raspail 84000 Avignon, du 6 au 27 juillet 2018, relâche le 18 juillet, à 14h40. Tél : 04 90 89 82 63