La Mission – souvenir d’une révolution de Heiner Muller, traduit de l’allemand par Jean Jourdheuil et Heinz Schwarzinger (Editions de Minuit), mise en scène de Matthias Langhoff avec les membres d’Amassunu, troupe permanente de l’Ecole Nationale de Théâtre de Santa Cruz de la Sierra en Bolivie

 

c_colin_dunlop-1_copie-1.jpgLa Mission – souvenir d’une révolution de Heiner Muller, traduit de l’allemand par Jean Jourdheuil et Heinz Schwarzinger (Editions de Minuit), mise en scène de Matthias Langhoff avec les membres d’Amassunu, troupe permanente de l’Ecole Nationale de Théâtre de Santa Cruz de la Sierra en Bolivie

 « Galloudec à Antoine. J’écris cette lettre sur mon lit de mort. J’écris en mon nom et au nom de Sasportas qui a été pendu à Port-Royal. Je vous informe que nous devons nous démettre de la mission que la Convention nous avait confiée par votre intermédiaire, puisque nous n’avons pu la remplir. »

 Ainsi commence La Mission de Heiner Muller, dramaturge emblématique de la scène européenne des années 80/90 dont l’œuvre paraît posée en équilibre instable et prémonitoire sur la fracture aiguë qui opposait les deux anciens blocs dogmatiques.

 La lettre ajoute : « Peut-être d’autres feront-ils mieux. Vous n’aurez plus de nouvelles de Debuisson, il va bien. A en croire que les traîtres sont prospères quand les peuples pataugent dans le sang. Le monde est ainsi fait et ce n’est pas bien ainsi. »

Désenchantement, amertume et sentiment d’échec – le poème de Walter Benjamin sur l’Angelus Novus de Paul Klee, œuvre représentée sur l’écran, est dit en allemand par le metteur en scène, repris en espagnol par les acteurs boliviens et traduit simultanément en français pour les spectateurs – : la vie pourtant doit reprendre.

Le drame en mouvements s’emploie à analyser – flash-back historiques, actualité de la représentation, allers et retours entre passé et présent -, la vision insolite d’un observateur qui installe sur la scène un plateau oblique, sorte de mont pentu que les acteurs gravissent ou descendent sans cesse, un obstacle naturel à dépasser.

La pièce représente le parcours en Jamaïque de trois émissaires, Galloudec, Sasportas et Debuisson, chargés par la Convention de mener en 1794, le soulèvement des esclaves contre les Britanniques. La démarche révolutionnaire s’arrête net sous les effets de la contre-révolution et la Convention est remplacée par le Consulat puis l’Empire. La mission échoue avec la nouvelle du sacre de Napoléon.

Un drapeau de la Révolution trône – paravent surplombant une toile napoléonienne -, et ses emblèmes détournés marquent l’entrée d’un night-club avec présences fugitives de putains – ces figures symbolisant entre autres la Révolution et la Mort.

Les mises en perspective s’accumulent à travers le regard du metteur en scène Matthias Langhoff – l’expérience d’un théâtre politique à dimension dé-constructive – qui n’aborde pas pour la première fois la pièce emblématique de Heiner Muller avec ses thèmes repris de la nouvelle de Anna Seghers « la lumière sur le gibet ».

Ainsi, flottent l’imaginaire mythique de la Révolution française, celui de la chute du Mur de Berlin en 1989, de la mise à bas et la déconsidération de l’idéologie communiste dans l’échec d’une pratique, les régressions et confusions politiques observées en Europe et ailleurs, les tentatives encore d’émancipation de la Bolivie.

Deux cercueils posés verticalement et ouverts laissent voir leur cadavre blême – Galloudec et Sasportas – , mais aussi, avec pour autre exemple, le rappel historique des fusillés de la Commune en 1870 dont on voit défiler sur écran les archives photo. Ils représentent toutes les victimes sacrifiées de la recherche d’une Histoire nouvelle.

Archives, documents, reportages tournés en Bolivie mais aussi place Stalingrad à Paris, avec ses tentes multiples sous l’arche du métro, minuscules et colorées, refuges des sans-papiers de nos temps immédiats, des réfugiés récents ou moins.

On voit d’autres images parisiennes de balayeurs africains travaillant dans les rues, on voit encore la célébration en 1989 du bicentenaire de la Révolution française.

Les acteurs jouent les protagonistes du trio initial de La Mission, et tous les autres personnages, marins, souteneurs, prostituées, travailleurs, Danton, Robespierre …

Des cercueils fermés jonchent le plateau : on ne bâtit que sur la Mort. Or, la danse, les interventions et improvisations des comédiens et comédiennes donnent à ce chaos magnifique la ligne d’un parcours qui milite pour la vie qui va, malgré tout.

Cinéma et théâtre, poésie et danse, musique et cuisine, le spectacle offre son assiette de soupe servie aux spectateurs, préparée par la coryphée péruvienne.

Un capharnaüm latino-américain des plus facétieux et fouillis – coloré et vivant.

Véronique Hotte

La Commune – Aubervilliers, centre dramatique national, du 11 au 20 octobre.

Tél : 01 48 33 16 16

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C’est bien au moins de savoir ce qui nous détermine à contribuer à notre propre malheur – une pièce sous influence de Pierre Bourdieu, texte et mise en scène de Guillermo Pisani

Crédit photo : Christophe Raynaud de LageChristophe RAYNAUD DE LAGE 4

C’est bien au moins de savoir ce qui nous détermine à contribuer à notre propre malheur – une pièce sous influence de Pierre Bourdieu, texte et mise en scène de Guillermo Pisani

Quand il est nommé au Collège de France, le sociologue Pierre Bourdieu travaille sur ce qu’il appelle la magie sociale de la consécration et sur les rites d’institution :

«  En entreprenant de réfléchir sur ce que j’étais en train de vivre, je cherchais à m’assurer un certain degré de liberté par rapport à ce qui m’arrivait. Mon œuvre est souvent lue – à tort, selon moi – comme déterministe et fataliste. Mais faire une sociologie des intellectuels… au moment même où on est pris dans et par le jeu, c’est affirmer, sinon la possibilité de s’en libérer complètement, du moins la possibilité de faire un effort en ce sens… » (à propos de la Leçon sur la leçon, (23 avril 1982) – Leçon inaugurale au Collège de France – Minuit, 1982)

Dans la mise en scène de Guillermo Pisani – artiste associé à la Comédie de Caen – Centre dramatique national de Normandie que dirige Marcial di Fonzo Bo -, une prof de lycée enthousiaste – éblouissante Caroline Arrouas, à la fois grave et comique, rigoureuse et didactique, élucide, face à sa classe, quelques points de sa discipline scientifique, progressant par paliers réguliers, s’attachant à ce que le groupe suive les articulations successives de la démonstration afin d’en mieux cerner les enjeux.

Et la voilà qui dérive, sans prévenir son auditoire – la classe et le public -, et associe les éléments de sa leçon à la situation sociale prédéterminée des élèves interpellés, une détermination à laquelle ils n’échapperont pas, quelque effort qu’ils consentent.

La vision sociologique prophétique, embrassée d’un regard général, reconnaît les exceptions qui font la consécration ultime des règles : « Si vous réussissez ou ratez les concours des grandes écoles, vous serez soit du bon côté des études entreprises, soit du mauvais côté définitif en allant directement à la fac. Et ce qui, pour les chanceux relevait aussi d’un privilège social devient mérite personnel. »

Selon un ordre social et des rituels institutionnels qui ne s’atténueront pas encore.

Et l’enseignante joue avec l’idée de catalogue en prenant appui sur les papiers libres dont elle dispose – listes et pense-bête pour ne pas oublier : Vous irez peut-être à tel théâtre, lirez tel journal, choisirez telles vacances, telle décoration d’intérieur…

Pensant être soi, on n’échappe que très peu à ses prédéterminés sociaux. Rappelons le livre emblématique Les Héritiers de Bourdieu et Passeron.

On ne sait plus si la comédienne joue son propre rôle – faisant retour sur sa formation universitaire, puis sur son passage réussi au concours de l’Ecole du TNS, s’il invente encore la sœur jumelle qui serait cantatrice à l’Opéra de Vienne, tandis qu’elle resterait de son côté, à Paris, fonctionnaire de l’Education Nationale, faisant front à un test de simulation d’intrusion terroriste dans l’établissement scolaire alors qu’elle supporte en même temps le harcèlement d’un élève qui aurait été son amant.

La fiction prend le pas souvent sur la réalité, et le public s’amuse de la présence efficace et loufoque de l’actrice – bagou, interrogations, bavardage au téléphone.

Entre la salle de classe et la scène de théâtre, les postures sont aisément interchangeables, si ce n’est que le rôle de Lechy dans L’Echange de Paul Claudel est porté avec grâce et talent par la comédienne pour l’épreuve de son concours.

Les spectateurs apprécient par ailleurs la maîtrise des langues anglaise et allemande de l’interprète – des qualités observées à vue qui en disent long sur son parcours.

Qu’est-ce qui fait la valeur d’une œuvre d’art ? La croyance personnelle qu’on a précisément de cette valeur. Guillermo Pisani précise qu’à travers le théâtre le spectacle tente la pratique et la réflexion sur cette pratique : « Nous tentons de mettre en lumière ce qui d’habitude reste ignoré ; nous entendons ainsi expérimenter en acte l’un des mouvements fondamentaux de la pensée bourdieusienne. »

L’auteur et metteur en scène vient commenter sur le plateau sa démarche – théâtre dans le théâtre – tandis que la comédienne disparaît du plateau pour un court instant. Quand est-on soi-même ? En jouant, et en inventant et en se racontant …

Un spectacle malicieux qui s’arrête sur le privilège implicite dont relèvent à leur manière, à la fois les consommateurs et les acteurs de l’art du théâtre – les mêmes.

Véronique Hotte

Théâtre de Belleville à Paris, du 8 au 10, du 15 au 17 et du 22 au 24 octobre.

Lycée Allende, Hérouville Saint-Clair, le 27 novembre.

Comédie de Caen – CDN de Normandie, les 28 et 29 novembre.

Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès, mise en scène de Charles Berling

Crédit photo : Jean-Louis Fernandez

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Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès, mise en scène de Charles Berling

Pour sa propre mise en scène de Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès, le comédien Charles Berling, qui a interprété le rôle titre de Roberto Zucco du même auteur sous la direction de Jean-Louis Martinelli en 1995, incarne aujourd’hui le client tandis que Mata Gabin assume le rôle du dealer redoutable.

Une femme porte ainsi les atouts du puissant, de qui marchande, négocie et octroie – une figure inversée de l’autorité face à celui qui achète ou reçoit, sous conditions. Une femme contemporaine – version trash d’une banlieue dure ou de quartier urbain à éviter – drôle de déesse qui fait la pluie ou le beau temps là où elle règne.

La scénographie de Massimo Troncanetti est particulièrement heureuse, le client surgit de la salle, assis dans le public, se levant puis se tenant debout longtemps, à l’écoute du long monologue initial du dealer, auditeur que l’on sent épuisé et las, vêtu d’un costume élimé dont il retrousse régulièrement la manche de veste sur son bras.

Un bras nu que le dealer caressera à son heure, ce que le client ne supporte pas.

Depuis la salle, le client accède à la scène sur une petite passerelle, un plateau dont le sol est maculé de coulées d’eau et dont les hauteurs sont impressionnantes, donnant à voir une impasse sombre – un coupe-gorge – entre deux bâtiments élevés et surmontés d’enseignes lumineuses colorées et flashy – boîte de nuit ou autre lieu nocturne – dignes de Shanghai, New-York ou autre métropole émergente africaine.

Pour dévoiler la teneur pesante des tensions et des peurs en lice de chacun des côtés des adversaires, une sono montée à fond dispense ses basses abyssales.

A jardin, les travaux non achevés d’un pont de béton – un rappel lointain de la scénographie magnifique de Richard Peduzzi pour la pièce Combat de nègre et de chiens de B.-M. Koltès encore dans la mise en scène de Patrice Chéreau en 1983.

Michel Piccoli et Philippe Léotard s’invectivaient l’un l’autre sous l’arche d’un pont.

Soit les restes abandonnés d’une urbanisation en travail qui peine à s’accomplir.

Chacun à son tour et une fois, le dealer, puis le client graviront l’escalier de béton pour trôner dans les hauteurs de la coursive aérienne, arrêtée net dans sa construction.

Que se disent ces deux-là ? Les choses à la fois les plus banales et les plus belles qu’il soit dans la langue élaborée et cadencée de B.-M. Koltès, à savoir que l’on peut tout autant s’aimer que se haïr, selon les circonstances, l’heure ou l’endroit. Seul, le désir qui a force de loi existentielle mène la danse et conduit les êtres vers un destin.

« Alors ne me refusez pas de me dire l’objet, je vous en prie, de votre fièvre, de votre regard sur moi, la raison, de me la dire ;  et s’il s’agit de ne point blesser votre dignité, eh bien, dites-la comme on la dit à un arbre, ou face au mur d’une prison, ou dans la solitude d’un champ de coton dans lequel on se promène, nu, la nuit ; de me la dire sans même me regarder », invoque patiemment le dealer plutôt littéraire.

Une mise en scène soignée et carrée dans laquelle le dealer féminin, Mata Gabin, honore son rendez-vous avec un texte qu’elle porte avec force et dignité alors que le client, Charles Berling, prend appui sur l’émotion vaste et ressentie d’une vie subie à l’excès.

Véronique Hotte

Manufacture des Œillets – Théâtre des Quartiers d’Ivry – Centre dramatique national du Val-de-Marne, du 12 au 22 octobre. Tél : 01 43 90 11 11

Le Liberté, Scène nationale de Toulon, le 2 novembre

Théâtre du Gymnase Marseille, du 8 au 10 novembre

Le Carré Sainte-Maxime, le 18 novembre

Aggloscènes – Théâtre Le Forum Fréjus, le 24 novembre.

Reprise – Ceux qui restent, paroles de Paul Felenbok et Wlodka Blit-Robertson, conception et mise en scène David Lescot

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Ceux qui restent, paroles de Paul Felenbok et Wlodka Blit-Robertson, conception et mise en scène David Lescot

L’auteur et metteur en scène David Lescot a recueilli les témoignages de deux des quelques rares survivants du Ghetto de Varsovie, Paul Felenbok et Wlodka Blit-Robertson, des cousins qui avaient l’un et l’autre 7 et 12 ans quand ils se sont enfuis séparément du ghetto en avril 1943, peu de temps avant l’insurrection et la destruction de ce lieu infernal historique de triste mémoire.

Les enfants survivent tant bien que mal, plutôt bien, dans des caches jusqu’en 1945. Au milieu d’un entrelacs chaotique d’allées et venues, au plus fort de la menace exterminatrice qui ne cesse de se rapprocher, Paul qui a déjà connu la fuite par les égouts de Varsovie et le repliement familial dans une cave, a vu un samedi son grand frère avec deux membres de sa famille partir avant lui par l’intermédiaire de passeurs rétribués. Paul doit dès lors attendre le lundi car le dimanche est chômé, mais le garçon part pourtant à son tour ce jour-là.

Quand on s’enquiert des parents le lendemain, la maison est cernée : père et mère ont été emmenés, déportés et assassinés. Écartelés entre les Allemands nazis, l’antisémitisme des Polonais et des Ukrainiens, et le jeu équivoque des forces soviétiques, la vie pour les Juifs de Pologne est une traque effroyable et permanente.

Paul ne se souvient pas avoir parlé le yiddish enfant, il l’a peut-être entendu parler par ses parents afin de ne pas être compris de leurs fils: la langue naturelle et commune à tous, petits et grands, est d’évidence à cette époque le polonais.

Quant à Wlodka, avec sa jumelle Nelly, elle s’extrait de l’horreur du ghetto dont la surface se réduit dangereusement, en escaladant une échelle qui lui permet de sauter de l’autre côté du mur d’enceinte.

Son père, lié au Bund, l’organisation socialiste juive, a gagné la Russie. Sa mère, restée dans le ghetto pour soigner sa famille, est exterminée par les nazis. Wlodka, séparée de sa sœur, reste cachée jusqu’à la fin de la guerre dans des familles de paysans polonais, avant de rejoindre son père à Londres.

De son côté, après avoir séjourné dans un foyer d’enfants à Lodz, Paul rejoint la France grâce à son frère : il grandit dans les maisons d’enfants de L’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide.

Antoine Mathieu et Marie Desgranges incarnent ces deux mémoires vivantes, dans un jeu de questions réponses entre intervieweur et interviewé que jouent à tour de rôle, l’un et l’autre avec délicatesse et réserve. La pudeur est prégnante, les mots sont précis, sans volonté de faire spectacle des images percutantes qui surgissent de la mémoire enfouie. La femme semble éprouver plus de difficultés à retourner dans ce passé maudit, mais elle le fait pourtant de bon cœur et dans la dignité.

Le souffle retenu, entre pauses et silences, toussotements et reprises de paroles, les témoins ne se plaignent jamais : ils font état de ce qu’ils croient se souvenir, dans cet effort de ne pas tromper les faits, ni la vérité ni l’interlocuteur.

On retourne avec eux dans ces années-là, la famille cultivée est aisée, spécialisée dans le travail des métaux, la ferronnerie des fermoirs de sacs à mains, des ceinturons dont deux en boucle d’or brut faits pour chacun des deux fils que le père enjoint à faire croire aux autres qu’il s’agit bien de bronze.

À ce travail s’ajoute la réparation des casques de guerre criblés de balles. Les enfants jouent et font du vélo dans leur rez-de-chaussée, un seul pour tous. Ni l’un ni l’autre ne jugent la séparation parentale subie : ils n’ont pas les mots pour l’expliquer ou la justifier, si ce n’est le choix obligé dû à des temps difficiles.

Un oncle défunt est enterré dans la cave à même le sol, et l’enfant craint la nuit de rencontrer son fantôme. Paul et les autres enfants de sa génération qui se sont retrouvés à la Maison d’Enfants d’Andrésy n’ont jamais évoqué entre eux leur passé commun. Il fallait oublier pour vivre, faire du sport, étudier, travailler, s’amuser et courir dans le parc aux si beaux arbres, contempler à n’en plus finir dans le bonheur implicite d’être là, le paysage de la nature puissante, protectrice et consolatrice.

L’angoisse de Ceux qui restent tient cruellement à la mort des autres, proches ou moins proches. En dépassant cette vision de l’inacceptable et en dépit de tout, les enfants du ghetto ont vécu, en héros qui s’ignorent, la disparition des êtres aimés – singulière, définitive et irremplaçable – que tendent à nous faire toucher et frôler par l’art du théâtre les très beaux et vrais transmetteurs de vie que sont les deux comédiens, Antoine Mathieu et Marie Desgranges.

Véronique Hotte

Théâtre Déjazet à Paris, du 18 au 28 octobre et du 7 novembre au 9 décembre à 19h. Tél : 01 48 87 52 55