Joséphine B., écrit et mis en scène par Xavier Durringer. Avec Clarisse Caplan et Thomas Armand.

Crédit photo : Pascal Gély.

Joséphine B., écrit et mis en scène par Xavier Durringer. Avec Clarisse Caplan et Thomas Armand.

Xavier Durringer raconte au public l’extraordinaire destin de la mythique Joséphine Baker, et les combats de sa vie contre toutes les formes d’intolérance et de discrimination – des sujets d’actualité.

Joséphine Baker, née à Saint-Louis dans le Missouri en 1906, éteinte à Paris en 1975, est danseuse, chanteuse, actrice française d’origine américaine. 

Issue d’une famille très modeste, elle doit travailler tôt, en tant qu’aînée, à des tâches ménagères peu rémunérées pour subvenir aux besoins des siens qui lui ravissent le peu d’argent qu’elle gagne. Elle n’a qu’une idée en tête, partir et s’extraire de son milieu, en un temps où les Noirs sont discriminés.

Clarisse Caplan, très à l’aise sur le plateau, joue, danse et chante la figure mythique féminine, n’hésitant pas sur le plateau, accroupie, à essuyer le sol d’une serpillère, un seau à proximité, pour dénoncer l’asservissement initial.

La parole est distribuée alternativement entre l’interprète de Joséphine Baker et Thomas Armand, sorte de Monsieur Loyal qui fait le récit de sa protégée et commente sa vie mouvementée. Or, en même temps, celui-ci joue les rôles masculins et féminins plus ou moins sympathiques qui ont entouré la diva, dansant au même rythme que l‘artiste féminine, en duo, chantant a capella.

Le comédien occupe la scène quand la danseuse disparaît quelque temps, ce qui fait que le public reste aux aguets, intrigué de tant d’élan et de souffle.

Les débuts de Joséphine Baker dans la comédie musicale la mènent de Broadway à Philadelphie et en France pour une tournée des Black Birds (1925) : la Revue nègre présentée au théâtre des Champs-Elysées. 

Les exigences des cabarets et des revues en France ne sont pas celles des Etats-Unis, plus rigoureuses. Pratiquement nue – ses reins sont entourés d’une corolle de bananes-, Joséphine Baker danse sur des rythmes inconnus – le charleston… – et utilise son corps triomphalement et librement – contorsions, galbe du corps, science du geste gracieuse et élégante : succès et scandale, à la fois. (Louis- Jean Calvet, Encyclopedia Universalis).

Elle commence, en 1927, à chanter – voix de soprano et accent américain.

La chanson comme La Petite Tonkinoise – paroles de Henri Christiné, musique de Vincent Scotto -, un vieux succès de Colin qu’elle remet à la mode, et la chanson J’ai deux amours – paroles de Géo Koger et Henri Varna, musique de Vincent Scotto -, créée au Casino de Paris en 1930, font sa griffe, jusqu’à de rares passages à l’Olympia dans les années 1960.

Clarisse Caplan incarne, avec à la fois passion et humour, la triomphante étoile de la Revue nègre présentée à Paris en 1925, au corps magnifique, à la voix mélodieuse, possédée par le démon du rythme et de la danse, devenant le temps de la représentation, une image légendaire étincelante.

Après la Seconde Guerre mondiale, pour laquelle elle s’est engagée dans la Résistance auprès des forces françaises, obtenant la Légion d’Honneur et la Croix de Guerre avec palmes, Joséphine Baker reprend sa carrière, et s’impose enfin aux Etats-Unis, malgré la discrimination raciale.

Clarisse Caplan et Thomas Armand font revivre avec un sourire amusé le rythme endiablé des années 1920 – Charleston et Lindy Up. Un spectacle pétillant que deux interprètes radieux incarnent avec force – chants, danses, déclamation -, faisant revivre une époque, à travers non seulement un corps féminin librement déployé mais encore l’engagement politique et social d’une conscience oeuvrant pour le droit des minorités – les Noirs, les femmes…

Véronique Hotte

A partir du 28 octobre 2021, du jeudi au samedi 19h, matinée le dimanche 16h, Théâtre de Passy, 95 rue de Passy 75016 – Paris. Tél : 01 82 28 56 40.

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