Parages 06 – La revue du Théâtre National de Strasbourg – Focus sur Jon Fosse, formes courtes sur « faits d’hiver » au Théâtre du Peuple à Bussang, et des entretiens et des portraits. 

parages-06.jpg

Parages 06 – La revue du Théâtre National de Strasbourg (Les Solitaires Intempestifs) – Focus sur Jon Fosse, formes courtes sur « faits d’hiver » en 2018 au Théâtre du Peuple à Bussang, et des entretiens et des portraits. 

 Parages, la revue du Théâtre National de Strasbourg, fondée par Stanislas Nordey et conçue par Frédéric Vossier, offre sa sixième édition, cette fin 2019, poursuivant sa mission de réflexion et de création consacrée aux auteurs et autrices contemporains.

Dans son éditorial, Frédéric Vossier s’arrête sur Le Cas Müller, aujourd’hui, citant des passages significatifs de Conversations, 1975-1995, une vingtaine d’entretiens du dramaturge allemand Heiner Müller, présentés par Jean Jourdheuil (Minuit, 2019).

Aussi reconnaissons-nous le mordant, l’humour noir, l’art de l’esquive et l’esprit de contradiction de l’homme de théâtre, soit une écriture audacieuse et subversive.

« C’est pourquoi maintenant l’histoire se déplace vers les chambres à coucher. Et il en va malheureusement ainsi de notre littérature : Brecht, de ce point de vue, a eu trop peu de prolongements et on a développé trop peu de techniques pour représenter un conflit conjugal ou un drame familial avec le regard de l’historien plutôt qu’avec celui d’un conseiller conjugal ou du voisin qui regarde par le trou de la serrure. » (1975)

Or, demeure la réalité de la conviction de Hans-Thies Lehmann : « la langue de Müller est un terreau sur lequel la littérature peut pousser après lui. » (2018)

Un focus sur Jon Fosse sur lequel se penche Lancelot Hamelin avec Le Carnet noir de la traductrice – Trouver Jon Fosse, et Lancelot Hamelin poursuit sa quête avec « Si je désire une eau d’Europe… » : un entretien de Jon Fosse avec Lancelot Hamelin, traduit du néo-norvégien par Marianne Ségol- Samoy qui fait, par ailleurs, goûter au lecteur un inédit, Là-bas, traduit du néo-norvégien par ses soins.

Entre les deux gestes, la nouvelle directrice de L’Arche Editeur, Claire Stavaux, se plaît à réfléchir à ce que signifie Editer Jon Fosse ou « Réapprendre les mots ».

Marion Aubert gratifie le lecteur d’un inédit – un incipit – de sa pièce, Des hommes qui tombent (Cédric, captive des anges), écrite en 2016 et déjà publiée au Brésil. Un travail à partir de Notre-Dame-des- Fleurs de Jean Genet, qui fait « éclater la vie ».

L’occasion pour Olivier Neveux de revenir sur Marion Aubert avec Dramaturgie mécréante, portrait dramaturgique d’une œuvre que n’effraie pas l’énergie comique.

A travers une analyse croisée, Toxiques fait dialoguer Eric Noël, auteur de Ces regards amoureux de garçons altérés et Pauline Peyrade qui a écrit Poings, deux pièces sélectionnées par le comité de lecture du TNS et portées à la scène.

Dépasser la blessure en vue d’un amour à vivre, hors de la violence et l’effacement.

Nous avons vu dernièrement A la carabine de Pauline Peyrade, une pièce admirablement montée par la metteuse en scène avertie, Anne Théron.

Retenons encore la réflexion critique de Bérénice Hamidi-Kim sur le projet de D’ de Kabal : « Il est difficile d’être un homme aussi ». Le théâtre de D’ de Kabal est politiquement engagé, s’interrogeant sur l’hégémonie civilisationnelle du masculin. La critique n’hésite pas pour autant à traquer les manques et impasses de ce choix.

Claudine Galéa propose un second volet à son projet d’écriture Un sentiment de vie : et Un sentiment de vie deux / My way se tresse plutôt autour de la figure du père.

Marion Chénetier-Alev réalise un entretien avec l’auteure Marion Mougel, intitulé Scènes de capture, au cours duquel sont évoquées les problématiques d’effroi de la modernité, à l’intérieur d’une œuvre conjuguant choralité, incantation et catharsis.

Et c’est en 2019 au Théâtre du Peuple de Bussang que nous avons découvert Suzy Storck de Magali Mougel, mis en scène par le directeur des lieux, Simon Delétang.

Celui-ci se confie sur les « Faits d’hiver » dans un entretien réalisé par Aude Astier, explorant L’Ecriture, les habitants, les alentours. Pour le metteur en scène et directeur, « le Théâtre de Bussang est une entreprise de désacralisation du rapport aux artistes et de dé-hiérarchisation », en vue d’un paysage du théâtre d’aujourd’hui.

 Ecrire sur les faits divers qui ont marqué la région des Vosges, et plus largement sur la Lorraine, tel a été l’engagement des cinq auteurs, Penda Diouf pour j’mèle, Julien Gaillard pour Exécutions capitales de la bête (en cinq mouvements), Magali Mougel pour Taïaut ! Pièce pour trois hommes et un morceau de viande à partager, Pauline Peyrade pour Beau, corbeau et Frédéric Vossier pour Histoire de feuilles.

Ces pièces à lire dans Parages 06, ont été créées par des metteurs en scène choisis, Emilie Capliez, Ferdinand Flame, Marc Lainé, Anne Monfort et Matthieu Roy.

Un terreau – œuvres d’auteurs et de metteurs en scène – sur lequel poussent, vives, les tiges prometteuses de notre temps.

Véronique Hotte

Parages 06 – La revue du Théâtre National de Strasbourg – Les Solitaires Intempestifs – (Diffusion et Distribution). 15 € à l’unité ou 40 € pour 4 numéros.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s