La vérité sur la comtesse Berdaiev de Jean-Marie Rouart de L’Académie Française, Editions Gallimard, Folio n°6691 – 240 pages, 7,40 €.

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La vérité sur la comtesse Berdaiev de Jean-Marie Rouart de L’Académie Française, Editions Gallimard, Folio n°6691 – 240 pages, 7,40 €.

Prix Récamier 2018, Prix Cabourg du Roman 2018, roman paru précédemment dans la Collection Blanche.

Le destin semble s’acharner sur la comtesse Berdaiev, belle aristocrate libre, particulièrement nonchalante et passive, appartenant à la communauté des Russes blancs, ces exilés qui ont fui l’Union soviétique après la Révolution de 1917.

Victime de l’Histoire qui l’a ruinée, la comtesse Berdaiev est alors impliquée dans une affaire de mœurs salissant le milieu politique du début de la V è République.

Inspiré du scandale des Ballets roses, ce roman de Jean-Marie Rouart renoue avec la passion amoureuse face à la brutalité du pouvoir et à une société moralisatrice.

Des êtres fantasques et passionnés, minés par la nostalgie et songeant à des projets impossibles – retour au pays, réhabilitation de la Russie d’antan… -, ils ont du mal à trouver leur place dans une société française qui les regarde comme anachroniques.

Cherchant dans l’amour et dans l’étourdissement des plaisirs un remède à leur mal de vivre, partagés entre la misère et l’opulence, prêts à tous les expédients pour survivre, ils sont la proie de leurs rêves et aussi de tous les faux donneurs d’espoir.

Romancier, essayiste, biographe, chroniqueur, élu à l’Académie française en 1997, Jean-Marie Rouart, né en 1943 dans une famille d’artistes peintres, livre avec La vérité sur la comtesse Berdaiev un roman léger qui balaye la fin de la IV è République et la naissance de la V è, avec les apparitions fugitives d’un Général…

Basses manœuvres politiques et politiciennes, compromissions de la Justice et de la Chancellerie, évocations des proximités adjacentes du journalisme et de la photographie, les mœurs sont parfois dissolues sous des apparences convenables.

Le roman laisse pourtant au lecteur un goût d’inachevé dans sa manière désinvolte de survoler les réalités du monde politique, sans jamais en approfondir l’analyse.

Reste une jolie évocation de l’âme russe – idéal et foi en la Mère Patrie – inscrite ainsi  non plus passagèrement, comme elle le croyait, mais durablement dans un pays d’accueil traditionnel, la France, qui ne répond que partiellement aux attentes.

Véronique Hotte

La vérité sur la comtesse Berdaiev de Jean-Marie Rouart de L’Académie Française, Editions Gallimard, Folio n°6691 – 240 pages, 7,40 €.

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