Electronic City de Falk Richter, traduction de Anne Monfort (L’Arche Editeur), mise en scène de François Rancillac – Le Festival des Ecoles du Théâtre public – 10 è édition -, du 15 au 30 juin 2019.

Crédit photo : Collectif Ephémère

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Electronic City de Falk Richter, traduction de Anne Monfort (L’Arche Editeur), mise en scène de François Rancillac – Le Festival des Ecoles du Théâtre public – 10 è édition -, du 15 au 30 juin 2019.

 Le Festival des Ecoles du Théâtre public se tient du 20 au 23 juin à La Cartoucherie, du 26 au 28 juin aux Ateliers Berthier à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, et du 27 au 30 juin, à nouveau, à La Cartoucherie – l’Aquarium, l’Atelier de Paris et l’Epée de Bois.

Aussi pourra-t-on voir, entre autres rencontres et manifestations, 7 spectacles de « sortie d’école » par 77 jeunes comédiens issus de 7 écoles de théâtre : l’EDT91 – Ecole Départementale de Théâtre (Evry), Les Teinturiers – Ecole supérieure de Théâtre Lausanne (Suisse), La Manufacture – Haute école des arts de la scène (Lausanne – Suisse), l’ESTBA – Ecole Supérieure de Théâtre (Bordeaux – Aquitaine), l’ERACM – Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes et de Marseille, l’ESCA – Ecole Supérieure de Comédiens par l’Alternance (Studios d’Asnières), l’Académie de l’Union – classe préparatoire intégrée dédiée aux outre-mer (Limoges).

Le bal de ce festival ouvre avec vingt jeunes apprentis- comédiens du Collectif Ephémère, dirigés par le metteur en scène François Rancillac, directeur du Théâtre de l’Aquarium, de 2009 à 2018, qui crée le spectacle Electronic City de Falk Richter.

Le Collectif Ephémère regroupe les élèves des différents Conservatoires de la Ville de Paris et de l’Association 1000 Visages, créé cette saison par le Théâtre de l‘Aquarium. Choisis sur audition, tous ont suivi la saison de l’Aquarium, rencontré son équipe permanente et les artistes des spectacles,  en répétant plusieurs week-ends Electronic City, pendant l’année, sous la direction d’acteurs de François Rancillac.

L’Association 1000 Visages, fondée en 2006 par la réalisatrice Houda Benyamina, regroupe des professionnels et de jeunes artistes issus de milieux socio-culturels a priori éloignés de la création cinématographique et théâtrale.

Elle a pour ambition de démocratiser l’accès au cinéma et plus largement la culture.

Une initiation au « jeu caméra » a été dispensée à tous les élèves, animée par la réalisatrice Emilie Noblet, quelques séquences tournées sont intégrées au spectacle.

Ces jeunes apprentis-comédiens sont ainsi guidés vers une pratique autonome, sensible et créative, et les préparent à la formation supérieure.

 L’écriture de Falk Richter, une réflexion trash et coupée au cordeau sur l’état de nos sociétés contemporaines, ne s’embarrasse pas de circonvolutions pour désigner du doigt les paradoxes et les absurdités auxquels se voit réduit le monde professionnel.

Au début du XXIe siècle, ici et maintenant, Tom – costume sombre, chemise blanche et serviette de cuir – erre dans les couloirs anonymes d’un hôtel-building, cherchant le numéro de code indistinct ou oublié de sa chambre, tant s’accumulent les codes.

Le protagoniste, démultiplié en une dizaine de jeunes gens – sorte de ligne droite formée par l’accumulation de professionnels mâles arrêtés dans la même position –, semble égaré dans les situations récurrentes d’une même attente anxieuse, avant l’enregistrement rituel des bagages, bloqué dans la file encombrée de l’aéroport.

Ces couloirs où chacun ne se sent plus être, si ce n’est un simple numéro, pourraient être ceux d’une grande entreprise.  Tom – et tous les autres Tom avec lui –  a pareillement perdu le sens de l’orientation, oublié le code d’accès, l’étage, et le numéro de l’appartement ou entreprise, ne sachant où il est, Berlin, Francfort, New York, Hong Kong, Singapour, Sydney, Los Angeles, des villes identiques, pour lui.

Il est un employé résistant et flexible, avec pour tout réconfort la chaîne porno de l’hôtel. Tendu et stressé à l’extrême, sa vie personnelle ne semble plus lui appartenir.

De son côté, Joy est en proie à la panique devant sa petite caisse de chaîne internationale de fast-food, à deux heures du matin, dans un aéroport, car vingt hommes d’affaires veulent payer leurs sandwiches et le scanner ne fonctionne pas.

La caisse arrêtée, le système s’effondre et les clients s’impatientent, des passagers qui risquent de manquer le vol et la destination. L’employée ne sait à qui s’adresser.

La comédienne qui interprète Joy répond au même code scénographique appliqué à Tom : une dizaine de jeunes apprenties-actrices se partagent le rôle, l’échangent, le redistribuent, l’accaparent un temps, dans une vivacité joyeuse, pour le redonner.

Peut-être y aura-t-il finalement un croisement aléatoire entre Joy et Tom qui donnera naissance à un amour, si les horaires internationaux de chacun correspondent.

Les apprentis comédiens forment un groupe cohérent, articulé et solide, jouant chacun leur propre partition près du chœur, et se fondant à nouveau dans le groupe.

Des éclairages audacieux et pertinents qui clament la même désespérance sentie, que ponctue encore l’engagement entier du corps et de la voix – des présences vives et incandescentes saisies par l’urgence juvénile et furtive d’un destin à accomplir.

Remercions les prometteurs Amélie Coispel, Dupuis Vincent, Matthieu Bousquet, Amandine Doisteau, Aurélie Cuvelier-Favier, Thibault Jara-Ureta, Amélie Charbonnier, Sabine Royer, Hao Yang Wu, Benoît Asnoune, Clément Proust, Sanaa El Morsali, Baptiste Bosio, Kasper Klop, Claire Saumande, Hamza Ouechtati, Farah Kassabeh, Angélique Parvedy, Diong Tacu, Judith Warner.

Véronique Hotte

Théâtre de l’Aquarium – Cartoucherie, 75012 – Paris, les 15 et 16 juin , dans le cadre du Festival des Ecoles du Théâtre public, du 15 au 30 juin, avec le Collectif Ephémère.

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