La Grande Echelle – Festival Jeune public – cirque, danse, théâtre, musique, arts visuels, ateliers – au Monfort Théâtre 75015, du 19 au 21 octobre 2018

Crédit photo : Yragaël Gervais

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La Grande Echelle – Festival Jeune public – cirque, danse, théâtre, musique, arts visuels, ateliers, événement proposé par l’ADAMI et TSEN PRODUCTIONS – Monfort Théâtre Paris 75015, du 19 au 21 octobre 2018

Après une première édition en 2016, et un passage en 2017 à la Maison des Métallos, La Grande Echelle, festival jeune public pluridisciplinaire, est au Monfort.

Trois jours de spectacles et de rencontres en salle, en caravane, sous une yourte, et au pied des arbres, près du bassin du Parc Georges-Brassens, avec une place importante accordée à la musique et aux expérimentations partagées.

Sur l’esplanade de l’entrée du parc, une scénographie participative invite petits et grands à s’approprier l’extérieur du théâtre en le transformant en un vaste chantier de construction de cabanes à habiter – entre Robin des bois et Robinson Crusoé.

Le Festival – souffle et fête – favorise la rencontre entre enfants, adultes et artistes, et incite à l’expérimentation partagée – découverte et ouverture à l’autre.

Remercions Mathieu Braunstein et Dominique Duthuit pour leur belle programmation.

 Bakéké par la Compagnie Fabrizio Rosseli avec Fabrizio Rosseli, à partir de 5 ans.

Fabrizio Rosseli, jardinier à la Claude Monet dans les jardins de Giverny, a posé ses seaux de plastique vert près du bassin du Parc Georges-Brassens, et de ses corneilles.

Manipulation de seaux, recherche ludique, répétition de gestes, théâtre de l’absurde, la poésie habite l’artiste singulier qui se pose sur les lisières de la sagesse et de la folie.

Tablier noir et chapeau de paille, il empile et désempile ses accessoires, saute au-dessus d’une rangée d’une dizaine de seaux renversés, passant de l’un à l’autre, ou bien, une fois les seaux remis sur pied, le voilà qui pose un pied dans l’un des récipients et un second dans l’autre, calculant les possibilités d’invention de figures.

Déplacements absurdes, regards incrédules lancés au public, nulle parole énoncée, les spectateurs devinent les intentions du clown – compréhension immédiate.

 Un soir chez Boris, solo de cirque sous yourte par Olivier Debelhoir, co-écrit par Pierre Déaux, à partir de 8 ans.

Olivier Debelhoir – le Boris de la soirée en question, un trappeur solitaire – accueille les spectateurs dans sa yourte, un espace circulaire de bois chaud où il fait bon s’asseoir sur les coussins, les seaux renversés et les bancs de bois installés.

Barbe de trappeur, vêtu de peaux et de fourrures, le circassien prend son accordéon et préfère chanter faux, dirait-on, mais quand il s’attaque nonchalamment à des romances populaires immédiatement identifiables, il sait chanter juste et chante bien.

Il fait froid et va se réchauffer près de sa télé qui diffuse les images flamboyantes d’un âtre rougeoyant. Son endroit le plus cher est le frigo rempli de drôles de choses.

Rien ne se passe, une simple ambiance de petits moments dérisoires et décalés ; et tout à coup, Boris s’empare de skis minuscules et rouges pour esquisser les mouvements et les gestes d’une glissade risquée sur une planche de bois, une chaise…, des éléments inappropriés qu’il va chercher à l’extérieur de la yourte.

Une danse d’équilibre qui ne manque pas d’humour ni de dérision ni d’émotion.

Stoïk, duo gestuellement burlesque, création et interprétation de Clémence Rouzier et Brian Henninot, mise en scène de Johan Lescop, à partir de 5 ans.

Le très grand Brian Henninot est un jongleur lunaire, accordéoniste de chambre « grand, mais pas méchant, mou, détendu et dégingandé ». La petite est Clémence Rouzier, acrobate terrienne, trompettiste de salon, tonique, nerveuse, bien plantée.

Assis ou debout, l’un à côté de l’autre, ils offrent des perspectives loufoques et un duo burlesque de portraits en pied antithétiques, éloignés de tout assortiment.

Graves et sérieux, ils déclenchent à travers leurs poses ludiques et incongrues le sourire et le rire du spectateur amusé de tant de connivence et de clownerie absolue.

Match de ping-pong avec raquette miniaturisée pour la dame, ou bien construction d’une figure de deux chaises renversées et en équilibre sur un piédestal, image réussie qu’ils sculptent en reflet avec leur propre corps, de l’autre côté du plateau.

Souplesse des corps, chansons et voix, accordéon chantant, la fête est vivante, et le public en redemande, transgressant l’art même de la répétition des deux artistes.

Un week-end ensoleillé de théâtre, danse, musique et cirque pour petits et grands.

Véronique Hotte

La Grande Echelle – Festival Jeune public – cirque, danse, théâtre, musique, arts visuels, ateliersMonfort Théâtre Paris 75015, du 19 au 21 octobre 2018.

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