Patrice Chéreau – Journal de travail, Années de jeunesse, tome I, 1963-1968, Collection Le Temps du théâtre, Editions Actes Sud-Papiers – IMEC.

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Patrice Chéreau – Journal de travail, Années de jeunesse, tome I, 1963-1968 Collection Le Temps du théâtre,Editions Actes Sud-Papiers – IMEC. Texte présenté, établi et annoté par Julien Centrès, préface d’Ariane Mnouchkine et postface de Pablo Cisneros.

Acteur, scénariste, metteur en scène de théâtre et d’opéra, réalisateur, Patrice Chéreau (1944 -2013) a joué un rôle majeur sur la scène artistique et culturelle européenne durant plus de quarante ans. Pensée, définition de l’esthétique, discours sur le monde, tels sont les moteurs de cette dramaturgie sûre d’un homme engagé.

Le théâtre de Patrice Chéreau a enthousiasmé des générations de maîtres et d’élèves, irradiés par la geste scénique et neuve d’un artiste infiniment habité ; une forme tétanisée de l’intérieur – révélation vivante des corps renversés et pris à partie.

Non plus les postures académiques des sculptures antiques, mais l’élan vital qui lance ses traînées de feu – amour et haine – sur un plateau de théâtre signifiant.

Julien Centrès assure la direction de cet ouvrage, estimant que dans son ensemble ce projet éditorial a été conçu à la fois comme une « expérience » et comme un outil facilitant les approches de l’œuvre. Les mises en scène de l’époque vont de L’Intervention de Victor Hugo, Fuente Ovejuna de Lope de Vega, L’Héritier de village de Marivaux, L’Affaire de la rue de Lourcine d’après Eugène Labiche, Les Soldats de Jakob Lenz, Pièces chinoises de Kuan Han Ching, Le Prix de la révolte au marché noir de Dimitri Dimitriadis, à Antoine Bloyé de Paul Nizan et Dom Juan de Molière.

Pour introduire à la lecture des notes datées des années 1963, 1964, 1965 et 1966, concernant le travail de metteur en scène de Patrice Chéreau, l’icône du Théâtre du Soleil, Ariane Mnouchkine, évoque « la partie immergée d’un jeune iceberg devenu légendaire », précisant qu’on n’y trouvera nul code de décryptage de l’œuvre.

Mais des notes passionnantes sur le regard d’abord marxiste de Patrice Chéreau qui lui donne accès au bonheur et au progrès, tandis qu’Ariane Mnouchkine les cherche.

Tous deux font pourtant l’épreuve d’une même foi en l’art, une même jubilation :

« Peu à peu, mais très vite, artistiquement en tout cas, il change de religion, de dieu. Il choisit une déesse et révèle, avoue, à mots à peine couverts, n’en vénérer qu’une seule : la Beauté. » Pablo Cisneros, compagnon de Patrice Chéreau, considère de son côté, la mort – vision inca -, comme sa continuité dans une vision existentielle.

Des salles entières de spectateurs ont considéré la vision scénique de Chéreau comme l’invention d’une vérité nouvelle – la saisie existentielle d’une vie évanescente et de sa fulgurance ; le rappel de l’étoile filante disparue d’un metteur en scène.

Véronique Hotte

Patrice Chéreau – Journal de travail, Années de jeunesse, tome I, 1963-1968 Collection Le Temps du théâtre, Editions Actes Sud-Papiers – IMEC, 272 pages / 25 €

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