For ever Fortune par Les Musiciens de Saint-Julien (musique écossaise du XVIII é siècle) Festival Interceltique de Lorient, du 4 au 13 août 2017 – Année de l’Ecosse

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For ever Fortune par Les Musiciens de Saint-Julien (musique écossaise du XVIII é siècle)

Festival Interceltique de Lorient, du 4 au 13 août 2017 – Année de l’Ecosse

Musiques, poèmes et chansons du XVIII é siècle baroque écossais, l’instrumentarium rare des Musiciens de Saint-Julien à travers le spectacle For ever Fortune impose sa splendeur ancienne et contemporaine à un public ébloui.

La flûte – flûte à bec et flûte traversière – est à l’honneur, mais encore les cordes – violoncelle, viole de gambe, luth et harpe baroque avec cordes de métal ou de boyau – et aussi, comme en majesté picturale, les musettes, les small pipes – cornemuses écossaises – du chercheur et flûtiste inspiré François Lazarevitch.

La beauté esthétique des instruments baroques illumine la scène de leur présence.

Les Musiciens de Saint-Julien jouent avec des copies d’instruments d’époque qui dégagent une fraîcheur musicale moderne profondément intuitive, à l’écoute des sensibilités atemporelles et éternelles qui émeuvent pareillement, au fil des siècles.

Le groupe de chambre baroque déploie une virtuosité au service de la redécouverte mémorielle des pratiques populaires et des fonds musicaux. Avec, comme matériau de réflexion, les partitions de répertoires exhumés par la transmission écrite ou orale.

Univers acoustique en soi, le répertoire écossais est joué à la mode du XVIII é siècle.

Les Musiciens de Saint-Julien représentent la Bretagne au Festival Interceltique de Lorient, s’amusant de « reels » et de gigues, de suites et contredanses – menuets, gavottes et autres pavanes – au rythme lent ou enjoué, et le chanteur alerte fait résonner la puissance contrôlée de la stridence de sa voix au service du seul poème.

Un instant rare et précieux d’écoute musicale sur les chemins baroque d’un dix-huitième siècle écossais vif et inventif, les compositions datant du début, du milieu ou de la fin du dix-huitième siècle, collectées et éditées (souvent sur le fonds Oswald).

Au moment de la prouesse interprétative des small pipes, le maître du jeu François Lazarevitch avoue la timidité qui l’envahit à jouer ainsi devant un public composé aussi de pipers très talentueux – écossais, irlandais, gallois et bretons – à Lorient.

La spectacle s’achève sur des airs classiques et traditionnels baroques irlandais dont la cadence n’a rien à envier à l’Ecosse, cette impulsion née de la danse ressentie.

Le charme ne s’épuise jamais à l’écoute de ces musiques profondes, alertes ou lentes, vives ou contemplatives, proches s’il est possible de tant de perfection.

Véronique Hotte

Palais des Congrès, le 8 août – Festival Interceltique de Lorient 2017

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