Hôtel Feydeau, d’après Georges Feydeau, mise en scène, adaptation, lumières de Georges Lavaudant

Crédit Photo : Thierry Depagne

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Hôtel Feydeau, d’après Georges Feydeau, mise en scène, adaptation, lumières de Georges Lavaudant

Feydeau (1862-1921) modernise le rythme et renouvelle les caractéristiques du vaudeville hérité du XIX é siècle, faisant la part belle à la nécessité mécanique de l’intrigue et au caractère cocasse des situations et du langage. C’est à partir de cette œuvre vaudevillesque qu’est né le concept inouï de « pureté » mécanique théâtrale qui provoque un comique immédiat, irréfléchi et sans contrainte.

L’occasion, pour le metteur en scène et les acteurs, de déployer tous leurs talents.

Georges Lavaudant, connaisseur de l’œuvre du vaudevilliste, joue une nouvelle fois avec elle, en s’inspirant de Feu la mère de madame, On purge Bébé !, Léonie est en avance, Mais n’te promène donc pas toute nue !, Cent millions qui tombent.

Le metteur en scène entrelace la farce ici et là – réduisant, mêlant ou décalant, pour les reprendre plus tard, les thèmes des dernières comédies de Feydeau – obtenant la teneur et la saveur d’un rire filé.

Entérite, pot de chambre, constipation et relâchement, la métaphore égrène sa scatologie provocatrice, ne s’embarrassant des bienséances.

D’un Louis XIV à un Louis XV, il ne s’agit finalement que d’un louis, précise Madame de Feu la mère…, s’exclamant fortement devant le retour tardif et nocturne de Monsieur, déguisé pour sa fête en monarque.

Les conflits n’en finissent pas entre l’époux et l’épouse, l’enfant et ses parents, les gens de maison et leurs maîtres – un désordre social et privé que tout réajustement politique ne réussirait guère à clarifier ni résoudre.

Et puisqu’il en est ainsi, autant rire en se moquant de l’autre – qui est soi – : l’énergie déployée sur la scène tend ses arcs à l’extrême, les numéros orchestrés des acteurs sont réglés à la baguette, chacun jouant sa partition, ne négociant jamais pour jouer un va-tout rocambolesque.

Manuel Le Lièvre est un clown inénarrable qui se dépense sans compter et André Marcon tient son rôle de bourgeois avec un calme souverain.

Gilles Arbona est réglé, tel un pantin mécanique, et Benoît Hamon dévoile un programme comique – juvénile, contestataire et colérique …

Les femmes n’usent nullement, de leur côté, de la moindre demi-mesure, avec l’élégance d’Astrid Bas, l’espièglerie de Lou Chauvain, la détermination de Grace Seri et la ténacité de Tatiana Spivakova.

Entre les scènes ludiques, les comédiens exécutent des danses chorales légères, façon cabaret ou show TV, dans une tonalité festive amusée que soutiennent des accessoires ludiques, fluo, vifs et colorés – plumeau symbolique des valets et servantes et vêtements seyants.

Le rendez-vous théâtral s’accomplit dans l’élan et le professionnalisme.

Véronique Hotte

Théâtre de l’Europe – Odéon, du 6 janvier au 12 février. Tél : 01 44 85 40 00

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