Ravel par Sylvain Ledda, Éditions Gallimard / Folio Biographies n°136 / Inédit / 368p / 9,20 €

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Ravel par Sylvain Ledda, Éditions Gallimard / Folio Biographies n°136 / Inédit / 368p / 9,20 €

« Mon objectif est donc la perfection technique. Je puis y tendre sans cesse, puisque je suis assuré de ne jamais l’atteindre. L’important est d’en approcher toujours davantage. L’art, sans doute, a d’autres effets, mais l’artiste, à mon gré, ne doit pas avoir d’autre but. »

Toute sa vie, Maurice Ravel (1875-1937) s’est présenté comme un artiste libre. Placé à l’avant-garde de la modernité et rendant hommage à la tradition française, il a consacré son existence à expérimenter des formes musicales inédites – des chefs-d’œuvre pour la postérité.

Précurseur des formes nouvelles, il commence sa carrière dans une volonté tranquille de ne pas céder aux contrecoups du destin que l’académisme voudrait façonner, oubliant le Temps et l’Histoire.

Ravel se présente cinq fois au prestigieux concours classique de Rome – 1900, 1901, 1902, 1903 et 1905 – sans obtenir le prix qui aurait dû lui revenir et couronner sa tête de lauriers lui assurant un confort matériel.

Attaché à ses parents, il restera à leurs côtés jusqu’à leur toute fin.

Réservé, secret sur sa manière de créer comme sur sa vie personnelle, à l’écoute attentive de la création de son temps, il est un fervent défenseur des musiques nouvelles de Debussy, Satie et Stravinsky.

Acteur privilégié d’une période riche de changements, il incarne les ruptures de son époque. Dandy mystérieux, sa vie le conduit, quoique assez tardivement, de Paris à New-York où il croise Gershwin, et du Pays basque jusqu’à son cabinet de travail au « Belvédère » à Montfort-l’Amaury, une maison conçue à son image, élégante et raffinée.

Gaspard de la nuit, pièce pour piano d’Aloysius Bertrand, – trois poèmes romantiques, virtuoses et transcendants -, dépasse l’ombre de la mort.

Sylvain Ledda, auteur de Ravel, pense que Gaspard de la nuit puise ses sonorités dans les ténèbres de ce musicien de génie qui, impuissant face à l’agonie de son père, confie au piano une détresse sans solution.

Quant au Boléro, créé à l’Opéra de Paris le 22 novembre 1928 par sa dédicataire la danseuse Ida Rubinstein, chorégraphiée par Bronislava Nijinska, la pièce remporte un immense succès immédiat, tout à la fois une sorte de chant du cygne et un point incandescent de non-retour.

Le poète André Suarès voit dans ce chef-d’œuvre la révélation du secret du compositeur : « Le Boléro est la confession du mauvais rêve qui hante Ravel, et de la ténébreuse angoisse qui le tourmente. Ô comme souvent le germe de notre mal nous précède dans la peine, et comme il ressemble au remords. L’homme est-il coupable de son destin ? »

Entouré mais irrémédiablement seul, Ravel a entièrement consacré sa vie et son existence à la musique. Un ouvrage en forme d’éloge délicat.

Véronique Hotte

Ravel par Sylvain Ledda, Éditions Gallimard / Folio Biographies n°136 / Inédit / 368p / 9,20 €

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