La Vie (Titre provisoire), un concert de et avec François Morel et Antoine Sahler, mise en scène de Juliette

Crédit photo : Christophe Manquillet

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La Vie (Titre provisoire), un concert de et avec François Morel et Antoine Sahler, mise en scène de Juliette

 Un récital en chansons, tel est l’hommage bon enfant et moqueur rendu au music-hall d’hier, un spectacle dénommé La Vie (titre provisoire) de et par François Morel dans une mise en scène de Juliette, en souvenir de l’apparition à l’ancienne du chanteur dans un rond de lumière, devant un micro et un rideau de tulle cachant les musiciens. L’époque était alors à la révélation de « la vedette » au détriment des musiciens. François Morel choisit un regard contemporain sur les chansons d’hier.

Les musiciens sont à l’honneur, des compagnons de route de l’auteur-interprète.

Ce troisième récital est concocté en accord avec le compositeur Antoine Sahler auquel revient la maîtrise de l’arrangement, du piano, des claviers et de la trompette.

Aux saxophones, à la flûte, au trombone et aux claviers, s’active Sophie Alour, en alternance avec Lisa-Cat Berro et Tullia Morand. D’un côté, Muriel Gastebois ne sait où donner de la tête – batterie, vibraphone et percussions –, mais elle y parvient. De l’autre, Amos Mah fait résonner le violoncelle, la contrebasse et les guitares.

La griffe « François Morel » est perceptible d’emblée ; entre sourire et nostalgie, le comédien chante la teneur quotidienne et populaire des jours qui passent.

Avec Amalia, il semble que la diva du fado chante à Lisboa pour lui-même, le cri profond et déchirant de la dame s’accordant avec la mélancolie de l’auteur.

Plus tard, le solitaire a l’impression encore que Nino Rota joue pour lui La Strada : un instant, le cœur se serre, « c’est trois fois rien qui s’écoule … un résumé de la vie. »

Tout se tient aussi dans la demande du Petit Prince, l’enfant éternel en nous : « Dessine-moi quelque chose, un mouton, un ministre, je m’en fous, un petit enfant triste devant un chapiteau, un chômeur avec un Père Noël, un ado trop saoulé par son père… un élève un instit’, un prophète un curé, une oie une autruche. »

Ce baiser résonne encore : « Vous souvenez-vous… vous m’aviez un jour donné… Ce cadeau de roi… Ce doux baiser… J’aimerais un jour pouvoir vous le restituer. »

Et la chanson Populaire égraine sa ritournelle : « Pardon, y a pas plus chic qu’une chanson populaire… c’est un poème chanté sur un échafaudage », un vers de Hugo, un refrain de 10 mai, un pichet de Bordeaux, un verre de muscadet, une glace à l’eau, juste quelques notes, … un refrain tout bête qui trotte dans la tête.

Le chanteur traque les instants de grâce, quand il fait bon et beau et qu’un grand soleil brille là-haut et qu’à l’aise dans des espadrilles on regarde passer les filles, « le temps s’en va nonchalant et on ne sait pas trop pourquoi on est content d’être là. »

Or, mises à part la réalité des chômeurs et l’humilité d’une existence sentie souvent comme dépréciée, à l’extérieur ou à l’intérieur des manif’, au-delà du paradoxe entre chiffres de la police et chiffres des organisateurs, « Elle est pas belle, la vie ? »

François Morel reste attentif à l’autre – musiciens et public -, à l’écoute d’un monde citoyen dont il distille la tendresse, la pudeur et la poésie, par-delà les malheurs.

Véronique Hotte

Théâtre du Rond-Point, du 4 octobre au 6 novembre à 21h. Tél : 01 44 95 98 21

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