The Undertaking, texte et mise en scène Steve Cosson, collaboration à la mise en scène et psychopompe Jessica Mitrani

Crédit photo : Richard Termine

Dramaturgy by Oded LittmanDesign & Cinematography by Aya Zaiger
Music by Gai Sherf & Rona Kenan
Lighting design by Adi ShimronyPuppetry and hand-painted miniature sets combine with live filmmaking and projected video feeds, as a Lilliputian universe is c

Photo: DAN DOMINGUES & IRENE LUCIO in BAM and Théâtre de la Ville (Paris, France) present The Undertaking Written and directed by Steve Cosson The Civilians In collaboration with Jessica Mitrani Part of 2016 Next Wave Festival Dress Rehearsal Photographed: Wednesday, September 21, 2016; 2:00 PM at the BAM Fisher (Fishman Space), Brooklyn Academy of Music, NYC; Photograph: © 2016 Richard Termine PHOTO CREDIT – Richard Termine

The Undertaking, texte et mise en scène Steve Cosson, collaboration à la mise en scène et psychopompe Jessica Mitrani

 La mort est ce par quoi se termine la vie, inexorablement. Se savoir mortel est une spécificité humaine : savoir vivre tout en sachant que l’on va mourir, telle est l’angoisse existentielle. La mort est « ce pays inconnu dont nul voyageur n’a repassé la frontière » (Shakespeare, Hamlet, traduction Yves Bonnefoy).

On ne peut connaître ce que nous réserve la mort, ni par soi-même ni par ouï-dire.

Le rapport à la vie est tout simplement indissociable du rapport à la mort, et la mort n’est finalement jamais aussi fortement éprouvée et subie que dans celle de l’être cher.

L’approche de la mort de soi reste diffuse comme l’errance de l’angoisse existentielle.

 The Civilians, compagnie new-yorkaise de théâtre d’investigation culturelle, sociale et politique, que dirige l’auteur et metteur en scène Steve Cosson, s’applique aujourd’hui à parler de la mort – un vaste sujet – à partir d’entretiens et aussi ce qu’il nomme le « réel ».

Les enquêtes journalistiques constituent le matériau des projets variés, depuis les Mouvements Evangéliques conservateurs jusqu’aux « divertissements pour adultes ».

Les représentations scéniques – spectacles de théâtre – ne projettent pas la réalité brute.

A travers un travail de recherche du procès artistique, le concepteur new-yorkais, en collaboration avec Jessica Mitrani, explore ce thème trouble de la fatalité humaine.

Après avoir réalisé de nombreux entretiens avec des patients en phase terminale, avec des soignants auprès des mourants, avec des êtres qui ont eu la conscience d’une mort imminente tout en en réchappant, avec d’autres encore, goûtant à l’expérience cosmique, sous l’emprise de substances hallucinogènes ou de séances de chamanisme, le metteur en scène a paradoxalement fait prendre vie à The Undertaking.

Faire face à la mort plutôt que de la contourner, telle est la question.

L’action se tient dans un décor anonyme et standardisé, blanc et surexposé, quelques plantes çà et là, une table, un lit, une ou deux chaises ; rien n’est plus déshumanisé que ce studio de la collaboratrice du metteur en scène qui accueille les séances de travail – rôles interprétés respectivement et avec brio par Irène Lucio et Dan Domingues.

Les deux artistes n’en finissent pas de s’étonner de la folie de leur entreprise : ils en parlent l’un l’autre, dans le temps même de la représentation, tout en mettant en valeur les scènes « rapportées » des interviewés qui narrent les détails d’une angoisse latente ; ils jouent ces êtres conscients de leur acte d’élucidation d’une mort attendue.

À cette composition alternée, s’ajoutent des images projetées sur l’écran des rideaux de voile suspendus à l’intérieur du studio, des bribes significatives de Orphée (1950), film en noir et blanc de Jean Cocteau, avec Maria Casarès, Jean Marais et François Périer.

La princesse conduit Orphée à la recherche de son Eurydice, secondée encore par le « passeur », manière de psychopompe d’aujourd’hui, médiateur entre la vie et la mort.

Le public contemple la scènes de la « psyché » dont on traverse le miroir pour aller dans l’au-delà, après avoir d’abord enfilé des gants symboliques de reconnaissance fatale.

Sur la scène de théâtre, l’approche de la mort n’en reste pas moins trop anecdotique, extérieure ou légère, même s’il est fait appel, dans une grande rigueur et une belle exigence morale, aux techniciens qui embaument les cadavres ou aux candidats à déposer leur dépouille – après la mort – au pied d’un arbre pour renaître avec la nature.

Manque à ce spectacle bavard mais de bonne volonté une voix simplement intérieure.

Théâtre des Abbesses – Théâtre de la Ville, du 5 au 8 octobre – en anglais surtitré en français. Tél : 01 42 74 22 77

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