Parages – revue du Théâtre National de Strasbourg consacrée aux auteurs vivants

Parages / 01 – La revue du Théâtre National de Strasbourg

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Le Théâtre National de Strasbourg présente le premier numéro de sa nouvelle revue, initiée par son directeur, l’acteur et metteur en scène Stanislas Nordey, que le souhait de fonder une revue consacrée aux auteurs vivants tenait à cœur.

La conception des numéros est confiée à Frédéric Vossier, et l’appellation Parages correspond à cet espace indéfini et mouvant qui tourne autour de la scène – espace où siège l’auteur dramatique, ni trop près ni trop loin.

L’ensemble éditorial tisse les signatures de Mohamed El Khatib, Claudine Galea, Joëlle Gayot, Lancelot Hamelin, Bérénice Hamidi-Kim et David Lescot.

Et les approches proposées de l’écriture contemporaine sont variées : article de fond, lettre, correspondance, entretien, rencontre, inédit, enquête, portrait …

Pluralité des singularités et diversité des angles marquent les orientations du projet.

En avant-propos, quelques lignes de Laurent Gaudé sur la disparition d’Emmanuel Darley (1963-2016), un éloge d’auteur sur un autre – amour du théâtre et présence vivante de personnages d’aujourd’hui : le théâtre d’Emmanuel reste en mémoire.

L’auteur Christophe Pellet écrit une lettre sensible à l’actrice rayonnante Dominique Reymond – souvenirs et partage -, il n’en continue pas moins, avoue-t-il, de réfléchir à l’éternelle histoire du masculin et du féminin dont il ne sort pas, englué dans sa masculinité car la plupart des hommes restent des garçons à vie : « hystériques (mais oui), batailleurs et avides de prendre ». Toutefois, certains auteurs garçons sont immenses, comme Ibsen, traversant le temps grâce à leurs personnages féminins. D’autres sont androgynes, ainsi Tennessee Williams au chemin chaotique. Mais « les acteurs dépassent ce clivage : le temps de leur présence sur scène, une révolution androgyne s’opère dans l’éclat et la lumière. Ainsi marches-tu, Dominique, dans l’éclat et la lumière, et bien longtemps après que tu as quitté la scène… »

L’auteur Claudine Galea se penche de son côté sur L’Écrire, devenu au fil du temps, concept d’objet en soi et non plus concept du travail d’un sujet ni d’un sujet au travail.

« L’Écrire – rien d’un miroir, peut(-) être un autoportrait/qui n’est rien d’autre qu’un portrait/pris dans l’objet de sa peinture/et de son mouvement/renvoie encore/à l’étonnement premier/renvoie à la qualité d’enfance/ qui seule fait front face à la mort/ à égalité de vie/ça commence là où ça recommence/ça commence avant – avant la langue/avec le VOIR – yeux grands ouverts/avec l’image qui monte/qui s’étend qui crée d’autres images/ car la main est d’abord muette. » L’Écrire, un objet à lire.

La conversation de l’auteur, metteur en scène et plasticien Mohamed El Khatib avec l’auteure et performeuse Sonia Chiambretto par mail avance entre crudité et spontanéité, le premier tentant de répondre à la question de la seconde sur la possibilité d’accueil d’un Syrien chez soi, lui qui de son côté, quelques mois auparavant, imaginait précisément une performance intitulée Hospitalité.

Qu’il s’agisse des lumières de Marie-Christine Soma, de la réflexion ironique sur la parité de David Lescot, de celle d’Olivier Neveux et David Lescot pour qui le travail de l’imagination consiste toujours à mettre en forme le réel… encore et surtout après l’ère des attentats, la lecture de ces artisans divers du théâtre reste passionnante.

Véronique Hotte

Parages / 01 – La revue du Théâtre National de Strasbourg – Disponible en librairie, prix à l’abonnement 40 € pour 4 numéros, prix à l’unité 15 €.

À l’unité Les Solitaires intempestifs – www.solitairesintempestifs.com

Par abonnement : TNS n.trotta@tns.fr

 

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