« Incandescence » aux Lieux mouvants à Lanrivain – Centre Ouest Bretagne Avec Françoise Morvan, André Markowicz, Annie Ebrel, Hélène Labarrière

« Incandescence » aux Lieux mouvants à Lanrivain – Centre Ouest Bretagne

Avec Françoise Morvan, André Markowicz, Annie Ebrel, Hélène Labarrière

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Découvrir les paysages secrets de la Bretagne intérieure à travers les artistes, leurs spectacles innovants et naturalistes, leurs jardins éphémères, tel est le projet de la 4ème édition des Lieux mouvants, manifestation culturelle qui met à l’honneur non seulement la beauté des jardins et le talent des plasticiens mais encore la légitimité et la justesse de magnifiques rencontres inédites en Centre Bretagne.

Annie Ebrel, Interprète de kan ha diskan, de gwerzioù et sonioù, est une chanteuse bretonne polyvalente, mêlant souvent son répertoire aux traditions autres. Elle prête aujourd’hui l’humanité de sa voix percutante au spectacle Incandescence conçu par l’essayiste et traductrice Françoise Morvan, originaire de Rostrenen, non loin de là.

Dits par le poète radieux et traducteur André Markowicz, les textes poétiques de Françoise Morvan sont choisis pour le témoignage sensible de souvenirs d’une enfance passée à Rostrenen, la partie cornouaillaise des Côtes-d’Armor.

Le nom de la commune est composé des mots bretons « roz » (tertre) et « draenen » (ronces). Rostrenen – Rostrenenn en breton – signifierait « la colline des ronces ».

Selon une légende païenne, aurait été trouvée dans un buisson de ronces une statue en bois de la Vierge, exposée à présent dans l’église de Rostrenen.

Tous les ans, la statue est montrée en plein air, lors de la procession du 15 août.

Or, la veille de l’Assomption, les pèlerins et les forains de la fête populaire estivale s’éclairant avec une bougie, se donnent rendez-vous le soir, devant l’église Notre-Dame du Roncier, et montent en chantant sur la colline du Miniou, près de l’observatoire météorologique, autour d’un grand feu de bois qui brûle en cet ultime point de l’été, jetant irréversiblement sous les flammes non seulement les mauvais esprits mais les prédictions à la fois hasardeuses malheureuses des sorcières.

Le plus haut point de l’année, en Bretagne, correspond ainsi au 15 août, moment où le soleil flambe à son point d’incandescence avant de sombrer à nouveau dans la nuit, et les brasiers s’allument le 14 août, sur les collines des assemblées de forains.

Autour des textes de Françoise Morvan qui travaille à un bel opus sur les quatre saisons, le public reste à l’écoute des chants traditionnels interprétés par Annie Ebrel, des chants bretons traduits efficacement par André Markowicz qui, de son côté, dit et traduit alternativement des poèmes en russe de Boris Pasternak et d’Anna Akhmatova sur l’été, la cendre et le flamboiement – les mêmes manifestations solaires, d’un continent à l’autre, de l’Orient à l’Occident.

De la campagne russe à la campagne bretonne, l’été suscite une même fascination – impressions de corps libérés et dansant sous les sensations extrêmes d’une saison.

Sous le soleil de Lanrivain, près de la chapelle Saint-Antoine, le public émerveillé goûte à la chaleur estivale : craquements secs des herbes piétinées sur les rochers anciens de la lande rase, avant d’apprécier, assis sur un banc de bois ou sur l’herbe jaunie, la poésie d’un tableau floral suave composé de végétaux, boutons éclatés, bourgeons épanouis, tiges, feuilles, plantes et autres brins solaires en voie de dessèchement, roses admirables et calices chatoyant aux couleurs de l’arc-en-ciel.

Les pétales ont l’étoffe et le reflet des jeux moirés de la soie : tout bruit d’un été à son zénith, tendu à l’extrême vers l’éblouissement d’une lumière rayonnant à son incandescence, avant de basculer vers le lent mouvement de la fin tardive d’un été.

Entretemps, il y aura eu le souvenir chanté de Marie-Anne, de celle qui choisit subversivement de se faire sorcière, apprenant le français à Paris pour revenir dans son église bretonne, et mieux traquer le divin pour lui insuffler un esprit malin de sorcellerie. Rites païens et légendes traditionnelles, l’imaginaire se promène loin.

La force de ce matériau poétique somptueux s’accomplit dans l’accompagnement des improvisations contemporaines et jazz à la contrebasse par Hélène Labarrière.

Un magnifique spectacle de poésie, de chants et de musique au faîte de l’été.

Véronique Hotte

Incandescence, le 14 août à Lanrivain (Côtes-d’Armor) – Lieux mouvants du 5 juin au 18 septembre. 

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