Festival Interceltique de Lorient – « Ceol Mor – Light and Shade » de Patrick Molard.

Festival Interceltique de Lorient – « Ceol Mor – Light and Shade » de Patrick Molard.

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Le musicien breton Patrick Molard, sonneur averti de cornemuses, joue à plaisir des uillean-pipes, du biniou-khoz et du bagpipe depuis bientôt cinquante ans. L’artiste international brille dans le monde du « Ceol Mor » – « Grande Musique » -, le genre ancestral des clans dont la tradition remonte à des époques et des temps lointains.

L’instrument privilégié dans l’interprétation des chefs d’-œuvre du répertoire des XVII é et XVIII é siècles reste fondamentalement la cornemuse, objet étrange et fascinant.

« Ceol Mor », appelé aussi « pilbroc’h », musique traditionnelle écossaise, discipline exigeante et réputée comme difficile, recouvre un genre non seulement musical mais encore poétique – l’art éloquent, à la fois évanescent et tangible, des Highlands écossais, la beauté « inouïe » – au sens propre, que réhabilite l’art musical – de ces paysages des Hautes Terres, dite en notes et non plus en mots impuissants.

Le piper Patrick Molard propose sa création « Ceol Mor – Light and Shade », une orchestration à six instrumentistes qui puise dans la force des somptueux Highlands pour se libérer avec tact et précision dans des arrangements conçus par le frère de Patrick, Jacky Mollard au violon, et avec Hélène Labarrière à la contrebasse, Yanick Jory au saxophone, Simon Goubert à la batterie et Éric Daniel à la guitare.

L’orchestre entier fait gronder le pibroc’h dans une musique revisitée, matée de contemporain et de jazz : les cuivres brillent et les cordes glissent admirablement, suggérant le tonnerre et les éclairs, le bruit immense et la fureur incontrôlée des éléments en colère, les flots d’un déluge destructeur, pour retrouver quelques temps plus tard, l’ensoleillement et la paix tout intérieure de ces contrées sauvages.

« La force de cet instrument, c’est son pouvoir de déclencher des émotions, avec peu de notes, neuf seulement », précise le musicien.

Les contrastes vont et viennent sur la gamme de ces neuf notes que la cornemuse facétieuse pénètre, pour plus d’expression, à travers un jeu subtil entre les notes longues et courtes, un secret que l’ancien apprenti tient des maîtres Bob Brown et Robert Nicol, les deux sonneurs personnels de la reine Elisabeth, un enseignement recueilli lors d’une formation au château de Balmoral, résidence royale écossaise d’été, tandis que le sonneur est assistant de français à Aberdeen.

Le maestro de la cornemuse a relevé le défi de transmettre sa musique à ses compagnons de jeu non-pipers. Cette musique savante – Grande Musique – rythmait la vie des chefs de clans, écrite sur partitions dès l’époque victorienne, mais de tous temps transmise de maître à élève ou à disciple à travers un système vocal particulier, ce qu’a expérimenté le sonneur en chantant, durant un an, l’âme du « Ceol Mor » à l’oreille de son orchestre afin que les musiciens saisissent les pièces musicales par le chant et s’en imprègnent.

Le public écoute attentivement les mystères indicibles de cette grande musique classique de la cornemuse écossaise, différente de la musique festive et de divertissement, des marches et des gigues.

La peinture du sentiment règne dans « Ceol Mor », création à consonance contemporaine où se distille l’âme de la musique dans l’incarnation d’un jeu magistral.

Véronique Hotte

Grand Théâtre, le 10 août.

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