Le Système Ribadier de Georges Feydeau, mise en scène de Jean-Philippe Vidal

Crédit photo : Christophe Vootz

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Le Système Ribadier de Georges Feydeau, mise en scène de Jean-Philippe Vidal

Partant des caractères essentiels du vaudeville hérité du XIX é siècle, Feydeau en modernise le rythme et en renouvelle le genre, privilégiant la nécessité mécanique de l’intrigue et le caractère cocasse des situations et du langage. Sans grand intérêt littéraire, si ce n’est la dimension documentaire de la description des milieux petit-bourgeois d’une époque étriquée et suffisante, l’œuvre de Feydeau développe scéniquement la force de la « pureté » mécanique d’un théâtre dont l’effet produit est un comique lumineux et bon enfant à la logique imparable, aussi rude que définitif.

On va voir les pièces de Feydeau pour rire – de soi, des autres et du monde.

L’auteur, amuseur de la scène française entre 1895 et 1914, écrit Le Système Ribadier en 1892, une comédie en trois actes qui s’inscrit dans la tradition du vaudeville, offrant à l’acteur et au metteur en scène l’occasion de déployer leurs talents.

Histoires de tromperies et d’adultères, d’infidélités et de mensonges, de bagatelles et de jours plus ou moins maussades qui vont, la palette des rencontres amoureuses dites hors-mariage scintille étrangement d’un calcul inouï de probabilités. Et le public saisit la chance d’observer l’une d’entre elles dans son accomplissement scénique.

Ribadier est le second mari d’Angèle – excellente Hélène Babu en jolie poupée vive -, veuve de « feu Robineau » dont elle n’a appris les écarts conjugaux qu’après-coup.

Cette épouse fourvoyée et meurtrie soupçonne à présent tous les hommes dont son mari actuel qu’elle surveille à tous crins. Mais Ribadier use d’un stratagème qui confine l’épouse dans l’erreur – un don inénarrable qui confine à la sorcellerie.

Au milieu de ce désordre, surviennent un ami de la famille Thommereux – Romain Lagarde à la posture facétieuse et tranquille -, fervent admirateur de Madame et revenu de Batavia, et encore l’époux de la maîtresse de Monsieur, Savinet – Gauthier Baillot à la présence sûre-, prêt à en découdre et sûr de ses droits.

La mise en scène de Jean-Philippe Vidal pose ses pions avec grand soin et belle clarté, et les costumes de Fanny Brouste sont amusants. Pour que la soirée vaudevillesque « prenne » véritablement, il aurait fallu au personnage principal – héros ridicule mi-figue mi-raisin – une verve aérienne, un envol céleste et une capacité à s’oublier que Pierre Gérard, une silhouette pourtant de prestance et d‘élégance, ne parvient pas à saisir, comme retenu sur le terre à terre du plateau.

Véronique Hotte

La Pépinière Théâtre, du 19 mai au 16 juillet. Tél : 01 42 61 44 16

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