La Fonction Ravel, un projet de et avec Claude Duparfait, en collaboration avec Célie Pauthe, au piano François Dumont

Crédit Photo : Elisabeth Carecchio

CDN Besançon FC 2015-16" La Fonction Ravel"  de et avec Claude Duparfait  en collaboration avec Célie Pauthe Pianiste François Dumont

CDN Besançon FC 2015-16  » La Fonction Ravel » de et avec Claude Duparfait en collaboration avec Célie Pauthe Pianiste François Dumont Décor Gala Ognibene Collaboration chorégraphique Thierry Thieû Niang Lumières Sébastien Michaud Son Aline Loustalot Vidéo François Weber Assistanat à la mise en scène Marie Fortuit Costumes Florence Bruchon

La Fonction Ravel, un projet de et avec Claude Duparfait, en collaboration avec Célie Pauthe, au piano François Dumont

La quête de l’Autre – sensibilité et relation au monde -, est le souci éthique du compositeur Maurice Ravel (1875-1937), explorateur de la mémoire musicale européenne et de ses genres – sonate, trio, quatuor, opéra -, de la chanson de la Renaissance, de l’art musical baroque, de la mélodie et de la danse, « avec la valse comme métaphore d’un monde effondré sous son funeste tourbillonnement ».

Ravel est un créateur visionnaire, écrit Franck Langlois, un artiste qui repousse les limites de l’intérieur : limites spatiales d’un Orient imaginaire de Jérusalem jusqu’aux Noirs américains en passant par l’Espagne -, puis limites harmoniques et formelles.

De son côté, le brillant pianiste François Dumont enregistre non seulement l’intégrale des œuvres pour piano du Maître, mais aussi le Concerto en sol et le Concerto pour la main gauche : sur le plateau scénique de La Fonction Ravel il interprète Gaspard de la nuit, Valses nobles et sentimentales, Deux Mélodies hébraïques et Miroirs. Quant à Claude Duparfait, l’acteur est inscrit avec tous les honneurs dans notre mémoire théâtrale contemporaine pour ses rôles dans les travaux de référence de Stéphane Braunschweig, puis, entre autres, son jeu senti dans Des arbres à abattre de Thomas Bernhard, spectacle co-signé avec Célie Pauthe à La Colline en 2012. C’est avec celle-ci, directrice du CDN Besançon Franche-Comté, que l’acteur crée aujourd’hui La Fonction Ravel dont il est l’auteur.              

À travers ce monologue autobiographique – un dialogue implicite avec le piano de François Dumont -, s’imposent les œuvres musicales de Ravel vécues comme « la musique » du narrateur, le point focal de son existence – expressions de Thomas Bernhard sur Le Boléro. L’acteur, alternant avec l’art déclamatoire, interprète un solo, un pas de danse magnifiques, une chorégraphie significative et inventive sous le regard de Thierry Thieû Niang. Claude Duparfait s’impose d’emblée comme une figure dansante, habitée par les sonorités et les rythmes – mouvements intérieurs – que la musique transmet au corps en l’éveillant. La vidéo silencieuse de François Weber fait courir sur les panneaux de bois qui enclosent la scène, la demeure intime de Ravel, ou celle du comédien, à moins que ce ne soit la maison de son enfance.

Très jeune, dans la chambre du triste foyer parental de Laon dans l’Aisne où son père était ouvrier dans un garage Michelin, le garçon expressif danse sur Tzigane, Alborada, ou le Concerto pour la main gauche. Seul, incompris, adolescent parmi d’autres « élèves-animaux » dans une « classe-abattoir » de quatrième puis troisième de transition, le comédien se souvient d’une crise douloureuse où il lui semble percevoir sa mort prochaine ; il crie sa peine : « Je vais mourir » face à l’indifférence et l’impuissance hagarde des autres. Des camarades qui l’insultent, une famille qui ne le comprend pas, une école qui l’ignore, l’élève malheureux passe toutefois en lycée général, obtenant une note excellente à l’épreuve orale du baccalauréat de français, grâce à la théâtralisation du Poème sur le Désastre de Lisbonne de Voltaire, performance qui subjugue l’examinatrice.

Plus tard, le bachelier quitte les siens, part à Paris contre l’avis parental, joue sur les scènes de théâtre et « fait l’amour avec ses amants ». La musique de Ravel – pardon, de Maurice – a toujours été un jardin d’apaisement et de consolation contre toutes les humiliations subies et les incompréhensions. Les fresques de la Villa de Livie au Palais Massimo à quelques kilomètres de Rome avec son jardin d’été et de végétation figurent à elles seules la beauté du monde, l’élan vital de la nature, arbres, plantes et oiseaux, fresques inspirées des jardins clos à la manière orientale et antique – que reproduit le père peintre amateur, à la demande filiale affectueuse.

Un spectacle sur l’envol que l’on se donne, sur la lutte pour la survie et la liberté.

Véronique Hotte

CDN Besançon Franche-Comté, les 22 et 23 avril, et du 16 au 23 septembre dans le cadre de la 69 è édition du Festival de Musique de Besançon Franche- Comté.

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