Werther ! d’après le roman de Johann Wolfgang von Goethe, mis en scène par Nicolas Stemann

Crédit photo : Samuel Rubio

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Werther ! d’après le roman de Johann Wolfgang von Goethe, mis en scène par Nicolas Stemann 

Le mythe des Souffrances du jeune Werther, court roman épistolaire écrit en 1774 par J. W. von Goethe (1749-1832), à l’âge de vingt-cinq ans, renaît et se revivifie sans cesse de sa modernité. Symbole de préromantisme mais aussi vision universelle, Werther, selon l’auteur, « appartient à l’histoire particulière de quiconque, doué d’un sens inné de liberté, se débat au milieu des contraintes sociales d’un monde vieilli et doit apprendre à s’y reconnaître et à s’y adapter. » L’art fait une place à la jeunesse tragique qui ne veut pas le monde tel qu’il est, et veut être entendue. Le message goethéen est repris à la façon du metteur en scène Nicolas Stemann.

Les lettres débutent le 4 mai 1771 et s’achèvent le 24 décembre 1772, de la renaissance à la mort. Le roman épistolaire se décline en une tragédie classique : Werther raconte à un ami Wilhelm sa rencontre avec Charlotte à Weztlar, l’arrivée d’Albert, le fiancé qui était en voyage, puis son propre départ avec l’ambassadeur dont il est le secrétaire, sa démission, son retour auprès de l’aimée, son mal d’amour et son impuissance à retourner ou contrôler la situation. La dernière partie – le suicide de l’amoureux contrit – est portée par le relais de l’écriture de l’éditeur.

Le jeune Werther est dévolu, en dépit de tout, à la force du sentiment et des sensations dans une vie sociale qui à la fois, l’enferme, et le jette hors des codes.   Le roman est le récit délicat d’une passion amoureuse impossible et d’un conflit existentiel avec le monde : « Devant mon âme s’est levé comme un rideau ».

La mise en scène de Werther ! par Nicolas Stemann joue de l’ironie et de la satire.

Un chapeau de cow-boy et un pantalon militaire en guise de costume pour le désinvolte Philipp Hochmair qui incarne l’amant contrarié. Ces vêtements « ordinaires » remplacent l’ample chapeau et le long manteau blanc de Goethe dans la campagne romaine par Tischbein. En guise de paysage romantique – jardin, fontaine et auberge villageoise -, est installée une table où le cow-boy assis étend nonchalamment ses jambes, avant d’y déposer les victuailles printanières qu’ilextrait d’un grand sac plastique, salades vertes fraîches et saucisses. Auparavant, grâce à un bouquet de fleurs champêtres retiré d’un vase, apparaît un fond de scène coloré – joli détail de Nature vivante -, restitué au moyen de la vidéo. L’acteur facétieux, bon enfant et joueur, manipule sa caméra tout en déclamant son Werther ! , en langue allemande et en langue française, se regardant en son miroir pour un autoportrait complaisant. Humour, bouffonnerie, blagues faciles, sous-entendus un peu lourds, sollicitations du public, puis disparitions du comédien qui quitte la scène un peu trop souvent : des blancs et des silences évocateurs pour signifier l’impossibilité maladroite à vivre la situation mélancolique de l’amour empêché d’un jeune être.

On espérait toutefois davantage de finesse pour ce Werther !, un peu au rabais.

Véronique Hotte

La Commune – Centre Dramatique National – Aubervilliers, du 8 au 12 mars.

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