Il Barbiere di Siviglia, opera buffa en deux actes de Gioachino Rossini, livret de Cesare Sterbini, direction musicale de Marco Armiliato, avec l’orchestre et le chœur de l’Opéra de Vienne – Wiener Staatsoper

Il Barbiere di Siviglia, opera buffa en deux actes de Gioachino Rossini, livret de Cesare Sterbini, direction musicale de Marco Armiliato, avec l’orchestre et le chœur de l’Opéra de Vienne – Wiener Staatsoper

 xl_avatar

Le Barbier de Séville de Rossini (1792-1868), créé à Rome en 1816, se révèle être un four avant que l’opéra ne triomphe bien vite, ici ou là, comme sur toutes les scènes du monde. Apparu en Italie, au début du XVIII é siècle, l’opera buffa tire ses sources de la Commedia dell’arte et du réalisme comique du XVII é siècle. Plus modeste que l’opera seria par ses moyens et son univers d’élection bourgeois ou populaire, le genre donne un état brut et sans complication de la vie quotidienne, sous une musique légère et un style humoristique, enjoué, populaire et désinvolte. Rossini innove pourtant en ce que la virtuosité musicale et chantée de cet opera buffa le rapproche, dans un bel équilibre, du genre noble de l’opera seria : la virtuosité bouffe du Barbier de Séville dépasse en effet avec brio le rythme effervescent et éblouissant du rythme précipité de toute parole, aussi vive soit-elle.

Le livret de Cesare Sterbini s’inspire de la comédie de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. La trame comique et burlesque s’amuse des poncifs et se moque traditionnellement, par exemple, des barbons qui veulent épouser les jeunesses dont ils sont les tuteurs, tandis que ces jeunes filles enfermées se pâment d’amour, depuis leur balcon, pour des jeunes gens juste entrevus dans la rue, des passants nobles mais un peu sots qu’aident avec bonheur des valets intéressés, habiles et facétieux.

C’est tout le sujet de la prouesse du fameux Figaro, ancien valet du comte Almaviva – l’amoureux de la belle qu’il se propose de seconder à nouveau – et barbier travaillant à son compte, à présent. Le jeune maître fait miroiter à son ancien valet une bourse pleine d’or, et le tour est joué : Figaro n’aura de cesse de s’amuser et de prendre grand plaisir, et de déguiser encore le jeune comte en autant de personnages extravagants et burlesques, dont un soldat et un maître de musique inédit.

Le public vient à l’opera buffa pour se divertir, et la soirée ne manque pas son objectif. Les interprètes lyriques sont à leurs marques, prêts à en découdre et sûrs de leur effet : Marco Caria en Figaro – le factotum de Séville – est un baryton respectable, un joyeux drille attachant. Et la voix de basse de Basilio de Ryan Speedo Green provoque les applaudissements ; de même, le barbon et docteur Bartolo, le chanteur Paolo Rumetz. Le comte Almaviva est incarné avec talent et délicatesse par le ténor Pavel Kolgatin et Rosina, dont il est amoureux, par la belle fougue de l’élégante Elena Maximova. Saluons la prestation du domestique de Bartolo, Ambrogio, jouée silencieusement et burlesquement par le clown et mime Florian Tomaschitz- le chanteur ne dit mot.

Et la maison du docteur Bartolo est d’une magnifique architecture sévillane qui serait un peu passée et désuète, avalée par le temps, avec ses balcons, ses jalousies, ses grilles en fer forgé et ses petits volets de bois des rêves enfantins. Une jolie villégiature d’antan dont on admire les pièces au rez-de-chaussée et aux étages. La soirée lyrique est réussie à l’Opéra de Vienne avec Il Barbiere de Seviglia qui fait sourire et rire franchement le public admiratif.

Véronique Hotte

Wiener Staatsoper, le 3 mars.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s