POP UP Garden, direction artistique Davide Venturini et Francesco Gandi, chorégraphie Stefano Questorio et Valentina Consoli

Crédit Photo : Ilaria Costanzo

POP UP Garden 03@Ilaria Costanzo

POP UP Garden, direction artistique Davide Venturini et Francesco Gandi, chorégraphie Stefano Questorio et Valentina Consoli

 

La Compagnia TPO se distingue par la fabrication à la fois high-tech et chorégraphiée d’un théâtre d’images destiné plutôt au jeune public. Le spectacle POP UP Garden relève d’une relation singulière, ludique et créative, avec les arts visuels, soit une représentation qui s’annonce et se vit comme le fruit d’une expérimentation sur le potentiel d’expressions des nouveaux langages digitaux, associés à la danse, la musique et la poésie. Arts visuels et arts du spectacle, le TPO invente le concept de ce théâtre interactif CCC (« children cheering carpet »), caractérisé par un espace qui interagit avec le public enfantin.

Le spectacle POP UP Garden propose aux spectateurs – jeunes et moins jeunes – l’installation scénique bi-frontale d’un tapis de danse équipé de capteurs à pression.

Le décor imaginé est un « espace » sensible, relevant d’une technologie sophistiquée et ouvragée. Et comme il s’agit, pour cette création rafraîchissante, du thème universellement proche et réconfortant de la nature et des jardins – inspiré des écrits du botaniste français Gilles Clément -, le spectateur assiste à une rencontre inédite, un rendez-vous inopiné entre la Nature et la Science, puisque cette dernière – la Science –, foncièrement technique et manipulatrice, touche à un élément « par nature » irréductible et non manipulable – la Nature -, en l’associant à une magie nouvelle, la combinaison du théâtre et de la danse, un spectacle vivant qui flirte beaucoup et avec une belle insistance, avec la technologie.

Il suffit d’un rien, le pas léger de Stefano Questorio ou la danse charmante et poétique de Valentina Consoli sur le tapis dessiné du plateau pour qu’agisse le pouvoir magique, et qu’apparaissent dès lors, des images solaires ou bien lunaires, terrestres ou bien célestes, arides ou gorgées de vie, des feuilles de verdure et leurs tiges élégantes, des pétales colorés de fleurs épanouies, des oiseaux délicats d’estampes japonaises. Les enfants confiants et facétieux déposent un pied léger sur la scène, de manière imaginaire depuis la salle, puis physiquement et plus concrètement à la fin du spectacle. L’expérience est celle d’un drôle de sol sous les pieds et sous le corps qui bouge et se déplace, et dont on ne maîtrise rien. Aussitôt naissent, surgissent, glissent et s’échappent des images vidéo admirables autant qu’inaccessibles, des mirages entrevus et envolés aussitôt, des nuages blancs dans le ciel bleu du firmament ou des pivoines rouges et charnues, qui semblent fuir la terre même. À l’ambiance automnale aux couleurs chaudes et chatoyantes succède le grand hiver sec et rude dont le prêtre macabre, moine noir portant capuche, investit l’espace, entre fumées et étrangetés insaisissables. Après la mort, la vie renaît, victorieuse, faisant fi du passé et tendant le doigt vers les horizons futurs.

Cette forme est non seulement visuelle et sonore mais mouvante et immersive, donnant à voir des protagonistes de théâtre – en réalité, des images, des sons et des couleurs. Le mouvement et la voix sont repris par les caméras et les micros invisibles, et jouent avec les sons et les déplacements scéniques des interprètes.

Parler de la planète est plutôt d’une actualité brûlante : terre, jardins et végétations, plantes et fleurs, l’homme est un jardinier qui observe et entretient ce que la Nature lui procure ; une matière aidée du vent, de la pluie, du soleil ou bien meurtrie par le froid et le gel. Ces mouvements volatils et transparents sont recueillis par les êtres attentifs à ce trésor collectif qui cultivent leur jardin pour leur survie. Énergie, souffles, vents et tempêtes, courants d’air et flux d’eaux, la terre ne cesse jamais sa danse que l’homme suit avec plus ou moins de bonheur. La « leçon » artistique reste envoûtante à travers cet hommage subtil rendu à la Terre et à l’enfance inventive.

Véronique Hotte

Théâtre National de Chaillot, du 5 au 14 novembre. Tél : 01 53 65 30 00

Bonlieu-scène nationale Annecy, du 5 au 7 janvier

Cluses, le 9 janvier

Maison des arts du Léman Thonon -Evian-Publier, les 15 et 16 janvier

Lux-scène nationale Valence, du 20 au 22 janvier

Espace Malraux-scène nationale Chambéry-Savoie, du 8 au 12 février

Advertisements

2 réflexions sur “POP UP Garden, direction artistique Davide Venturini et Francesco Gandi, chorégraphie Stefano Questorio et Valentina Consoli

  1. Bonjour Madame,
    Je souhaiterais vous faire parvenir une présentation de presse, assortie d’une invitation au spectacle Touit-Touit Club, lequel se joue en ce moment même au Theâtre de Nesle (75006).
    Il s’agit d’un monologue poétique librement adapté d’un chapitre du roman Guignol’s band II, de LF Céline.
    Peut-être ce spectacle à mon avis de haute tenue – tant littéraire que scénographique – sera-t-il susceptible de vous intéresser ?
    Je vous prie d’avoir l’amabilité de bien vouloir excuser cette prise de contact par un biais un peu détourné (les commentaires de votre blogue), mais je n’ai pas trouvé de moyen malgré mes recherches sur Internet ! Si vous voulez cependant me communiquer votre mail, je serais ravi de vous faire parvenir le dossier et l’invitation en question.
    Cordialement,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s