William Shakespeare, Peines d’amour perdues, traduction de Jean-Michel Déprats, édition bilingue présentée par Gisèle Venet

William Shakespeare, Peines d’amour perdues, traduction de Jean-Michel Déprats, édition bilingue présentée par Gisèle Venet, éditions Gallimard, collection Folio Théâtre N°164, 5,20 €, 432 pages

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Le jeune roi de Navarre, Ferdinand, convainc trois aristocrates de sa cour, Longueville, Dumaine et Berowne, de conquérir la « gloire » en constituant avec lui une « petite académie » dont le projet est l’étude de la philosophie, accompagnée d’un refus des plaisirs de ce monde. Tous s’y engagent par serment pour trois ans, non sans quelques réserves de Berowne, et la décision est prise de bannir toute présence féminine de la cour de Navarre. Après bien des péripéties, Navarre et ses trois amis se présentent déguisés en moscovites pour faire leur cour à la reine et aux dames, mais ces dernières, informées par Boyet, ont échangé les signes et les cadeaux donnés par les amants de sorte que chacun va croire courtiser celle qu’il aime en se déclarant à une autre. L’humiliation est totale quand ils s’en aperçoivent.

La pièce de William Shakespeare Peines d’amour perdues, promet le divertissement, quand bien même le titre, la première partie du moins, ne semble s’en tenir qu’à une douleur d’aimer quelque peu gravée dans l’échec. Avec malice, l’œuvre est intitulée « comédie plaisante et spirituelle ». Mais pour Gisèle Venet, auteure de la préface de l’ouvrage bilingue, la pièce ne dessine ni véritable intrigue ni véritable dénouement.

Certes, quatre jeunes aristocrates, dont le roi de Navarre, s’engagent solennellement à consacrer les trois années à venir aux seules études, sans approcher de femmes.

À peine ont-ils juré le contrat rigoureux que quatre jeunes et jolies demoiselles dont une princesse de France se présentent au palais, pour le grand embarras du roi de Navarre ; le prince se doit de recevoir les princesses galamment tout en les réduisant à se  loger dans les champs. Et, comme attendu, les quatre jeunes gens oublient leurs études pour ne penser qu’aux sonnets par lesquels ils déclareront leur flamme ; ils multiplient les preuves et les témoignages d’une passion annoncée comme sans lendemain. On imagine les quiproquos obligés, selon un calcul facétieux de probabilités : des imbroglios et des situations de farce de Commedia dell’arte qui n’empêcheront pas l’accomplissement patient du vœu unanime féminin.

« L’ironie vengeresse des quatre jeunes dames, blessées peut-être d’avoir été éconduites avant que d’être aimées, veille à ce que toute peine d’amour soit d’avance perdue ». Elles vont s’arranger pour que nulle intrigue ne puisse se nouer entre jeunes gens et jeunes filles, tenant en bride le désir et l’instinct royal masculins. La mort du roi de France provoque brutalement la fin de la comédie, et une mise à l’épreuve savante des promesses amoureuses diffère le dénouement de la comédie.

N’est pas pris qui croyait prendre si aisément et hors des choix féminins raisonnés.

Véronique Hotte

William Shakespeare, Peines d’amour perdues, traduction de Jean-Michel Déprats, édition bilingue présentée par Gisèle Venet, éditions Gallimard, collection Folio Théâtre N°164, 5,20 €, 432 pages

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