Spectacle d’ouverture du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières – Mù – Cinématique des fluides par la compagnie Transe Express

Crédit Photo : Transe Express Angelina Lombardo

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Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes – Charleville-Mézières (Ardennes), du 18 au 27 septembre

 

En ouverture du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes, sur l’admirable place historique de la Place Ducale de Charleville-Mézières, s’accomplit sous les yeux subjugués d’un public conquis, Mù – cinématique des fluides, un spectacle de rue en majesté, qui diffuse dans l’espace aérien des images d’enfance fabuleuses et volatiles – couleurs, formes, lumières, matières, mouvements et volumes –, un enchantement manifeste , un ravissement subtil, d’après la dimension cosmique du ciel, de la terre et de la mer – air, feu et eau -, la vision bachelardienne des éléments. Mù – cinémathèque des fluides, création 2015 de la compagnie Transe Express, se présente comme un ovni à la fois monumental mais délié qui illuminerait, tel un paradis descendu sur la terre, la caverne d’Ali Baba de notre imaginaire profus.

Installée dans les hauteurs sur son piédestal, et d’abord fermée, trône une corolle géante de fleur repliée sur elle-même, telle une fleur fermée dans une nuit sombre et humide. Nulle tige à l’horizon, si ce n’est un bras immense de grue télescopique qui fonctionne naturellement en soulevant, comme il se doit, un contrepoids en équilibre : une annonciatrice investit les hauteurs, acrobate élégante, fée Clochette assise sur sa balancelle qui rit volontiers, au fil des vagues et des cercles dessinés. Puis, peu à peu, dans l’attente émerveillée du public, s’ouvre la corolle en ses pétales dépliés dont les interprètes feront plus tard tomber sur le sol les étoffes légères. Une fleur articulée de structures en métal, une découpe de dentelle de fer et de voiles dont les êtres animés, étamines et poussières végétales ne sont rien moins que musiciens de jazz, danseurs, acrobates, comédiens, interprètes et clowns des arts du monde.

La corolle florale s’est finalement détachée, comme en un miroir, de sa structure de base qui maintient les musiciens en équilibre d’un côté, tandis que de l’autre, la fleur envolée, laisse échapper de son intérieur coloré les acrobates rieurs. Au bas de l’imposante sculpture, une parade d’animaux éclairés – façon Jérôme Bosch -, poissons agiles et fuyants, salamandres et hippocampes, forment une ronde infinie.

Le public familial dans la nuit éclairée de la Place Ducale n’en croit pas ses yeux éblouis, comme prisonnier de songes libérateurs et puissants, croyant rêver toujours.

Véronique Hotte

Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes – Charleville-Mézières, spectacle d’ouverture, vu le 18 septembre.

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