Les Deux frères et les lions, de Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, mise en scène de Vincent Debost et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre

Crédit photo : Mathieu Hillereau

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Les Deux frères et les lions, texte de Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, mise en scène de Vincent Debost et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre

 

Les deux frères jumeaux – Lisa Pajon et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre – offrent au public de drôles de dégaines un peu allumées, un même jogging apprêté et kitch couleur bleu pétrole, façon sport soft ou bien détente pour un week-end bien mérité dans leur manoir de Brecqhou sur les îles anglo-normandes. Satisfaits et contents d’eux, les Dupont et Dupond souriants et absents déroulent, le temps de la représentation, leur « histoire » aux allures de conte : ils ont atteint, en dépit de tout, pour des citoyens pauvres, à l’une des plus grandes fortunes de Grande-Bretagne.

Un parcours en creux d’autodidactes, immigrés écossais de 16 ans dans les années cinquante, installés dans un quartier populaire de Londres, et qui profitent historiquement de l’industrialisation des « Trente Glorieuses », cet essor effréné du capitalisme et de ses dérives financières ultérieures déclenchées dès 1980/90.

Mais les deux héros de l’entreprise ultra-libérale déchantent quand ils veulent transmettre leurs biens douteusement accumulés à leur propre fille respective. Installés au large de l’île anglo-normande de Sercq, ils découvrent que ce paradis fiscal, domicile adroit de leur empire, est régi par un droit normand dont la particularité est d’établir un mode successoral privilégiant les fils, ignorant les filles.

Une histoire à dormir debout qui n’en est pas moins vraie, et l’Europe de la Cour européenne des Droits de l’homme tranche en faveur des deux milliardaires.

L’humiliation subie par les jumeaux à leurs débuts est un moteur qui ne se grippe pas : vendeurs à la criée du Daily Telegraph, ils inventent les avantages d’un abonnement pour la presse quotidienne. Or, la découverte est rejetée par les tenants londoniens du journal, méprisant, sans les écouter, ces plébéiens issus de Okney.

La mise en scène est ludique et divertissante au possible, un peu trop appuyée par les deux acteurs qui jouent en force, prenant appui sur un gros comique de répétition et de gestes pour simuler les deux frères jumeaux, des pantins ou marionnettes absolument semblables dans leur comportement social. Leur prestation sur le plateau est chorégraphiée avec soin ; les héros se lèvent d’un bond de leur fauteuil de château pour invectiver le monde en témoignant avec rage de ses absurdités.

La vidéo de Christophe Waksmann propose quelques retours en arrière sur le passé constructif de cette fratrie entreprenante et amusée, accompagnée par la musique originale de Nicolas Delbart, utilisée comme une bande son de cinéma.

Le spectacle tourne vite au numéro de cabaret de deux clowns bien sympathiques.

Véronique Hotte

Festival Off Avignon, Théâtre des Halles, La Chapelle, du 4 au 26 juillet à 17h

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