Le Bourgeois Gentilhomme, de Molière, mise en scène de Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, direction musicale Christophe Coin

Crédit Photo : Pascal Victor

LE BOURGEOIS GENTILHOMME, comdie ballet de Moliere sur une musique de Lully, mise en scene de Denis Podalydes, scenographie Eric Ruf, costumes Christian Lacroix, aux Nuits de Fourviere du 5 au 10 juin, au festival du printemps des comediens du 13 au 15 juin, puis du 19 au 21 juillet  2012 au theatre des Bouffes du nord. Avec: Pascal Reneric (Monsieur Jourdain);  Danseuses: Leslie Menu, Kaori Ito et Artemis Stavridi. (photo by Pascal Victor/ArtComArt)

LE BOURGEOIS GENTILHOMME, comdie ballet de Moliere sur une musique de Lully, mise en scene de Denis Podalydes, scenographie Eric Ruf, costumes Christian Lacroix, aux Nuits de Fourviere du 5 au 10 juin, au festival du printemps des comediens du 13 au 15 juin, puis du 19 au 21 juillet 2012 au theatre des Bouffes du nord.
Avec: Pascal Reneric (Monsieur Jourdain);
Danseuses: Leslie Menu, Kaori Ito et Artemis Stavridi.
(photo by Pascal Victor/ArtComArt)


Le Bourgeois Gentilhomme, Comédie-ballet de Molière, avec la musique de Lully, mise en scène de Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, direction musicale Christophe Coin

Dans sa mise en scène du Bourgeois Gentilhomme (1670) de Molière, Denis Podalydès propose un zoom facétieux sur un Orient de fantaisie à travers la scène du Mamamouchi, le fameux cérémonial turc inventé par le prétendant de Lucile pour investir Monsieur Jourdain d’un titre de noblesse oriental, un stratagème habile pour que ce même Cléonte puisse épouser, malgré ses origines roturières, la fille de Monsieur Jourdain, faux gentilhomme qui ne rêve que de quartiers de noblesse.
La turquerie finale, son travestissement cérémonieux de Grand Siècle, joue avec l’outrance bouffonne ; des traits de mœurs orientales, des attitudes grotesques de derviches, des turbans démesurés, un « jargon sabir parlé à Tunis », le tour est joué.
La comédie-ballet avec ses airs de menuet est une mascarade, un tableau de scènes burlesques sur lesquelles s’amusaient, sans nuance, ni finesse ni distinction, les courtisans vaniteux du Roi de France, dits « gens de qualité » ou gens d’esprit.
C’est en cela même une comédie de mœurs et une comédie de caractère car manifestement éloignée de tout réalisme, l’œuvre n’en touche pas moins le vrai.
Non seulement Molière ridiculise les prétentions du bourgeois, mais celles des danseurs, des musiciens, des tireurs d’armes, des pédants philosophes :
« il peint le vice profond d’une noblesse qui s’arroge le droit d’avoir une morale de caste, morale où l’escroquerie et l’abus de confiance paraissent naturels envers autrui, dès qu’autrui est roturier ».
Monsieur Jourdain ne redescend plus de son rêve magnifique, déguisé de plumes et de chapeaux étranges, de vêtures aux belles étoffes, de soieries colorées – les somptueux costumes de Christian Lacroix -, il goûte à l’enchantement de la musique et au rythme de la danse, prenant plaisir à la magie de la langue française, de ses tournures poétiques – mots d’amour, consonnes et voyelles. Séduit par la grâce d’une marquise, amante d’un courtisan et faux ami, il aimerait lui écrire de la prose.
La pièce commence dans un décor d’assemblage – instruments de musique, Maître à danser, danseuses, chanteurs et musiciens – tandis qu’un élève du Maître de musique compose sur une table un air que le Bourgeois a demandé pour une sérénade. Pas de danse et airs de musique se succèdent agréablement sur la scène jusqu’au ballet final, une convention théâtrale loin de toute vraisemblance, une folie.
Pascal Rénéric incarne le personnage ridicule à merveille, entreprenant et sympathique, souriant, ouvert aux arts et à la culture, sans jamais y accéder.
Moqué et raillé par la servante Nicole, ridiculisé par les assauts des remontrances de Madame Jourdain, l’interprète ne quitte jamais sa fantaisie et son extravagance.
Quoique un rien grotesque parfois et tendant à la caricature appuyée, la comédie-ballet – avec la musique de Lully -, sous la direction musicale de Christophe Coin, est un bonheur de scène qui ne ménage pas ses effets en se moquant des vaniteux.

Véronique Hotte

Théâtre des Bouffes du Nord, du 26 juin au 26 juillet. Tél : 01 46 07 34 50

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