Lohengrin – de Salvatore Sciarrino d’après Jules Laforgue, et avenida de los incas 3518 de Fernando Fiszbein – direction musicale de Maxime Pascal et mise en scène de Jacques Osinski

Crédit Photo : Pierre Grosbois

LOHENGRIN opera et livret de Salvatore Sciarrino d'apres la nouvelle de Jules Laforgue direction musicale Maxime Pascal mise en scene Jacques Osinski Le Balcon avec Johan Leysen, Sydney Fierro, Florent Baffi, Pablo Ramos Monroy  video Yann Chapotel lumieres Catherine Verheyde accessoires et costumes Helene Kritikos projection sonore Florent Derex

LOHENGRIN
opera et livret de Salvatore Sciarrino
d’apres la nouvelle de Jules Laforgue
direction musicale Maxime Pascal
mise en scene Jacques Osinski
Le Balcon
avec Johan Leysen, Sydney Fierro, Florent Baffi, Pablo Ramos Monroy
video Yann Chapotel
lumieres Catherine Verheyde
accessoires et costumes Helene Kritikos
projection sonore Florent Derex


Lohengrin, opéra et livret de Salvatore Sciarrino d’après la nouvelle de Jules Laforgue, direction musicale Maxime Pascal, mise en scène Jacques Osinski, par l’ensemble Le Balcon

Avenida de Los Incas 3518, opéra et livret de Fernando Fiszbein, direction musicale Maxime Pascal, mise en scène Jacques Osinski, par l’ensemble Le Balcon

Avec Avenida de los Incas, un opéra de chambre dont le livret revient également à Fernando Fiszbein, le public se voit projeté – et toujours avec le même plaisir – dans le film d’Alfred Hitchcock, Fenêtre sur cour (1954). Le spectateur de ce théâtre musical est installé dans son fauteuil, comme le photographe incarné par l’acteur James Steward qui, à la suite d’un accident, se retrouve en chaise roulante et passe son temps à observer, depuis sa fenêtre, les voisins de l’immeuble d’en face.
Autres temps, autres moyens, la vidéo de Yann Chapotet, dans la mise en scène de Jacques Osinski, assure un travail onirique d’envergure, faisant monter et descendre à volonté et à grande vitesse un ascenseur en folie dont les personnages s’inquiètent à bon escient du fonctionnement, quand l’engin ne tombe pas en panne, obligeant les habitants à monter les marches d’un escalier fastidieux.
L’esprit du spectacle est facétieux et ludique, flirtant du côté de la comptine enfantine, entre les panoplies de Batman et d’Ours Brun, quand les jumelles du public voyeur s’arrêtent sur l’écran de l’appartement d’un couple avec enfant.
On observe aussi un écrivain mélancolique travaillant sur sa machine à écrire, n’osant rêver avec audace à une idylle avec sa belle voisine, l’énigmatique Alma.
Or, ces vignettes d’un moment sont révélées par un trio de trentenaires pos-ados anarchistes, des enfants de résidents bourgeois qui terminent sans fin une thèse universitaire dans les quartiers cossus de Buenos Aires, là même où se trouve l’immeuble de l’enfance du compositeur et librettiste Fernando Fiszbein.
Les trois amis désœuvrés sont les protagonistes de l’action, jonglant avec les effractions irresponsables d’habitations et les petits vols et usurpations anodines.
Ils jouent aux cartes, ou bien ils rêvent, et dans leurs songes, ils invitent l’enfant de l’immeuble à commettre l’irréparable pour la survie nécessaire d’un héros de conte.
Le vertige de la descente émeut le spectateur, pris entre les tombées de poignées de portes, de cartes à jouer et de côtes de porcs préparées pour la fête des voisins.
L’ennui ne pèse guère sur l’ambiance de l’immeuble et le tournis des situations pourrait se rapprocher du scénario d’un film noir ou d’un roman policier à suspens.
Quant à Lohengrin – deuxième volet de la soirée – dont l’opéra et le livret sont de Salvatore Sciarrino, d’après la nouvelle de Jules Laforgue, l’atmosphère du spectacle musical se situe aux antipodes du premier volet, en tant qu’« action invisible pour soliste, instruments et voix en un prologue, quatre scènes et un épilogue ».
Lohengrin, dit le chevalier au cygne, est un personnage de la légende arthurienne, fils de Perceval – héros de l’opéra Lohengrin de Richard Wagner.
Pièce d’eau, cygne, sable, et rappels de rochers et grottes minimalistes, un décor minéral de blancheur accueille le Lohengrin de Sciarrino dans lequel le héros épouse Elsa, une vestale, pour une nuit de noces non consommées. L’un des oreillers blancs du lit se transforme en cygne et Lohengrin monte sur son dos pour repartir sur la lune. Jacques Osinski considère Lohengrin comme un rêve éveillé étrange, une méditation intérieure à plusieurs voix – Elsa, Lohengrin, la foule déchaînée…
Cette conscience est incarnée sur la scène par le comédien – déclamateur et chanteur – Johann Leysen. Silhouette longiligne mature à blanche chevelure, l’acteur est vêtu des atours de la splendeur d’un jour de noces magnifiques, une accumulation de vêtures légères dont il se défait avec pudeur jusqu’à la nudité.
Un personnage bien réel et vivant qui vogue entre mythe, imaginaire et crudité.
La sonorisation de l’Ensemble musical du Balcon que dirige Maxime Pascal, en résidence au Théâtre de l’Athénée, est particulièrement bienvenue, augmentant et amplifiant le son, multipliant les possibilités d’interprétation. Lohengrin/Elsa/ Leysen murmure les sons, chuchote le poème, souffle et râle dans la proximité du public.
Un Lohengrin de belle intensité , tendu comme un arc qui viserait la lune.

Véronique Hotte

Athénée, Théâtre louis-Jouvet, du 19 au 23 mai. Tél : 01 53 05 19 19

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