Vanishing Point, installation, conception et mise en scène de Marc Lainé

Crédit photo : Stephan Zimmerli
Répétitions Vanishing 2@Stephan Zimmerli
Vanishing Point (Les Deux Voyages de Suzanne W.), conception, installation et mise en scène Marc Lainé, musique Les musiciens du groupe Moriarty

Si l’on a vu dans l’émerveillement, en ce dernier week-end du mois de mars, le début du Festival EXIT15 à la Maison des Arts de Créteil (26 mars-5 avril), soit un éventail généreux des expositions numériques et informatiques les plus en cours – avec éblouissements de rais de lumières et rayons fluo colorés à volonté dans de petits espaces fermés, de vrais enclos de nuit noire, où l’on peut faire aussi par ailleurs, son propre cinéma en prenant place sur le siège avant d’une voiture, une situation improvisée et filmée, et où l’on devient d’emblée le héros ou l’héroïne d’un vrai film de suspens américain, façon Drive -, on ne sera pas alors étonné de retrouver sur le plateau du Foyer du Théâtre National de Chaillot l’installation vidéo et ciné que propose au public Vanishing Point, le dernier spectacle de Marc Lainé.
Le voyage dans lequel le spectateur embarque est immobile – la voiture ne bouge pas – mais les panneaux latéraux placés de part et d’autre de l’automobile laissent défiler sur leur surface un film de paysages à perte de vue du Grand Nord canadien, à l’intérieur desquels le véhicule semble suivre à l’infini une route solitaire que serrent les ombres des forêts immenses et menaçantes, tempêtes de neige en profil. L’habitacle est le lieu de l’action : la propriétaire de l’engin se nomme Suzanne (Sylvie Léonard), une cinquantenaire à l’accent canadien bien tempéré et à l’humour vaillant, elle vient de prendre en stop – après un rêve en forme de cauchemar menant à la mort – un drôle de jeune homme peu causant et un rien indifférent (Pierre-Yves Cardinal), subtil et typé brut de décoffrage comme tout Montréalais qui se respecte. Le voyageur a pour destination Waskaganish, ville du Grand Nord.
Le spectacle, porté par la musique interprétée sur scène par le groupe Moriarty en live, se présente comme un road trip vers le Grand Nord, une belle équipée fantastique. Le jeune homme est en quête de sa bien-aimée disparue un jour, sans nouvelles, un amour puissant qui s’est arrêté net dans la vie quotidienne, mais reste ancré dans l’imaginaire du garçon qui ne fera plus la différence entre les différents points d’un espace où l’on peut être en même temps – selon la magie et les rituels des Indiens du Grand Nord. C’est ce que chante avec grâce et feeling la belle disparue (sincère Marie-Sophie Verdane) qui répond malgré elle, à la force envahissante de l’appel puissant de la nature – à la fois, consolation et effroi.
Le spectacle déroule son épopée à la manière d’une initiation existentielle, située au-delà de l’amour. Pendant ce temps, la brave Suzanne découvre le souffle d’un vent nouveau, à travers ce voyageur si différent d’elle, mais qu’elle véhicule à destination.
On peut concevoir l’aventure comme un stage de formation et d’initiation à une sorte de géographie mentale voyageuse, une virée fantasmatique à travers des paysages imaginaires dans une atmosphère musicale rock qui convient top au road trip.
La jeune femme mystérieuse qui attire en les envoûtant les voyageurs pourrait bien avoir affaire avec la Mort dont on ne se départit pas, une fois qu’on l’a approchée.
Un spectacle étrange, plein de charme et d’envoûtement céleste avec des notes pop.

Véronique Hotte

Théâtre National de Chaillot, Grand Foyer, du 28 mars au 17 avril.

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