Le Barbier de Séville de Beaumarchais, collection Folioplus Classiques, Gallimard

Crédit Photo : Bridgeman Images
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Le Barbier de Séville de Beaumarchais, dossier par Sophie-Aude Picon, lecture d’images par Agnès Verlet, collection Folioplus Classiques, éditions Gallimard

Le Barbier de Séville, premier volet d’une trilogie dramatique de Beaumarchais intitulée « Le roman de la famille Almaviva », est une comédie en quatre actes parue en 1775. La pièce, inspirée de L’École des Femmes de Molière, met en scène la déconvenue amoureuse du médecin âgé Bartholo, sur le point d’épouser sa jeune pupille Rosine, et dont la place est volée à l’avantage du comte de Almaviva. Bien sûr, veille toujours le brillant et facétieux Figaro, personnage de valet ingénieux et entremetteur de haut vol qui travaille au retournement improbable de la situation.
Mais la comédie ne se révèle pas que légère et enlevée, elle propose une réflexion sur le pouvoir : ainsi, le couple maître-valet, thème récurrent dans le théâtre du XVIII é siècle, interroge qui de l’un ou de l’autre est enfin le maître. Serait-ce le valet ?
Sophie-Aude Picon établit le dossier en plaçant le texte en perspective, éclairé par le mouvement littéraire de la fête théâtrale,- « sous l’Ancien Régime, le théâtre est tout autant sur la scène que dans la salle, d’autant qu’il n’y a pas encore de metteur en scène ».
Sont étudiés avec élan le genre et le registre de l’humaine comédie – les règles de l’unité d’action et de temps sont respectées, hormis celles de lieu, « il y a un espace de communication entre le dedans et le dehors » ; l’enjeu est tant spatial qu’amoureux puisqu’il s’agit pour le comte de s’introduire incognito chez Bartholo.
Si l’on s’arrête sur l’écrivain à sa table de travail, on observe l’émergence d’une œuvre dont la genèse est à la fois lente et fulgurante. L’espagnolade au théâtre compose un groupement de textes judicieux, tout en suivant la chronologie de Beaumarchais et son temps.
Cerise sur le gâteau, Agnès Verlet analyse, en relation avec Le Barbier de Séville, le tableau d’Antoine Watteau (1684-1721), La Leçon de chant. Watteau s’y montre fin observateur des sentiments : « Le guitariste de notre tableau a du Mezzetin le béret coloré et la guitare, de même que le comte Almaviva, travesti en étudiant ou en maître de musique, emprunte à Figaro sa guitare, sa chanson gaie et sa désinvolture. » Le ciel nuageux au soleil couchant du tableau « sur-naturalise » le réel grâce au peintre délicat qui rend la nature encore plus belle.
De quoi faire rêver poétiquement tout en s’amusant des fourberies d’un Figaro rieur.

Véronique Hotte

Le barbier de Séville de Beaumarchais, Gallimard, Folioplus Classiques N°273, 224 p. 4,60 €

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