Entre chou et loup, concert détonnant de Noémi Boutin et Sylvaine Hélary

Crédit photo : J-M Lobbé

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Entre chou et loup de Noémi Boutin et Sylvaine Hélary, mise en scène de Laurence Garcia

 

Entre chou et loup est un concert détonnant, un florilège de saynètes, interprétées par un duo, la violoncelliste Noémi Boutin et la flûtiste Sylvaine Hélary qui s’épanouissent librement dans la musique contemporaine, telles des jeunes filles en fleurs sous un soleil de printemps.

L’expérience est rafraîchissante, balançant entre les musiques et les mots, entre le jeu savant de l’instrument et les réparties ludiques et facétieuses des comédiennes entre elles. Les interprètes ont une façon de ne guère se prendre au sérieux qui est un pur plaisir quand on sait la rigueur et l’exigence qui sont à la source de leur art instrumental.

Les deux musiciennes tissent une relation forte, faite de provocations amicales et de petites amertumes gamines, s’amusant des effets de l’amitié comme de la jalousie : la complicité est joyeuse et la fourberie amusée. Les comédiennes impromptues surgissent sur le plateau en tenue baroque ou néo-renaissante puis se dévêtent, le plus naturellement du monde, de leur noble robe de cour pour se présenter en petite robe estivale, le sac en bandoulière.

Elles bavardent, l’air de rien, puis s’installent enfin pour esquisser, comme en répétition, leurs morceaux préférés. Mais à chaque fois, la rupture ou bien le ratage de ce qu’on voulait jouer, s’invite sur la scène avec des conséquences obligées d’agacement acidulé pour les protagonistes … et le public.

Une manière de trouver plaisir à l’insatisfaction que l’on retourne en désir de plénitude.

Mais toutes les tentatives de réalisations artistiques semblent vouées à l’échec, soumises au chaos des émotions qu’elles ne parviennent pas à contrôler, entièrement accaparées par l’instant qui passe.

En même temps, ce décalage improvisé et imprévu sous-tend un imaginaire extrêmement riche, un onirisme de conte d’enfance. Les comédiennes s’amusent, se disputent, se fâchent puis se réconcilient pour se séparer une nouvelle fois.

Elles créent ainsi dans un rapport proche du clownesque, un ensemble de petites scènes malicieuses, que l’on pourrait croire improvisées, mais qui sont directement liées, écrites et composées par plusieurs artistes contemporains et classiques : François Sarhan, Michel Musseau, Bela Bartok, Daniil Harms, Robert Desnos…

Il est suffisamment rare de voir proposer de la musique contemporaine aux jeunes spectateurs pour noter l’expérience comme largement bénéfique pour tous les publics : « L’art est un jeu d’enfant », selon Max Ernst.

Un spectacle engagé esthétiquement, une manière de parler des joies et des peines de l’aventure humaine, qu’on soit jeune ou plus âgé.

Le violoncelle est virtuose et la flûte sensible, le spectacle dégage des qualités inédites d’écoute, de recherche et de jeu.

Véronique Hotte

Théâtre musical, tout public dès 6 ans. Odyssées en Yvelines, Biennale de création théâtrale. Du 15 janvier au 30 mars 2014. Tél : 01 30 80 86 77 77

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