Trois étoiles filantes de concerts pop, folk et rock – Colline Hill, Imelda May et Sinéad O’Connor au Festival Interceltique de Lorient.

Crescendo et fulgurance de voix de femmes dans la nuit étoilée de l’Interceltique de Lorient avec Colline Hill, Imelda May et Sinéad O’Connor.

 

L’Espace Marine n’a pas démérité face à son public lorientais du Festival Interceltique, en présentant sur le plateau de scène les 9 et 10 août 2013, les concerts de trois grandes dames libres contemporaines à l’esprit folk, rock et pop.

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Colline Hill en première partie du concert de l’Irlandaise Imelda May est la plus jeune de ces interprètes, une brune morbihannaise de Vannes, venue en voisine, mais pas seulement puisqu’elle s’est installée en Belgique. Guitare à la main, elle connaît la nostalgie que provoque l’éloignement du pays de ses origines. Elle chante seule en anglais, façon folk contemporain avec des accents pop et rock mêlés de country.

Voix rauque, elle pourrait pourtant rappeler Joan Baez, si ce n’est sa puissante silhouette, moins rebelle peut-être et plus physique. Les sonorités de la voix et de la musique de Colline Hill semblent sourdre du terroir américain. La chanteuse joue avec son groupe une reprise personnelle du Ring of Fire de Johnny Cash.

Une puissance qui ne demande qu’à s‘aguerrir.

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Quant à la chanteuse irlandaise, Imelda May – un rappel de silhouette balancée à la Amy Winehouse mais plus soft et en contrôle radieux -, elle envahit le plateau de l’Espace Marine, portée par un groupe de musiciens rageurs à ses côtés, dont le guitariste Darrel Higham. Le deuxième album de la chanteuse Love Tattoo publié en 2008 et « triple disque de platine » a révélé Imelda May au public. Elle était encore en tête des ventes en 2010 avec son troisième album Mayhem.  Elle a chanté auprès de Bono de U2, d’Eric Clapton, de Bruce Springsteen et de Thomas Dutronc.

Robe à fleurs glamour des années 50, coiffure banane sur le haut du front avec queue de cheval virevoltante, la chanteuse décidée est à son affaire vocale quand elle choisit de balancer sur le plateau le rock’n roll rebelle et le blues de l’après-guerre. La musique où se faufile sa voix rude et chaude est un mixed de surf music, de blues, de rockabilly, de jazz et de folk. Horloge comme remontée et cadrée, elle donne la preuve de l’évidence et de la puissance d’une présence scénique solaire.

Sinéad O’Connor, la troisième femme de cette dernière soirée de concert, révèle davantage de mystère et accède d’emblée à une dimension autre dans sa fréquentation des cimes. Révélée dans les années 90 par sa reprise en single de Nothing Compares 2 U composée par Prince, Sinéad O’Connor est chanteuse et compositrice, accompagnée sur la scène par deux femmes à la guitare, une basse, un synthétiseur et une batterie.

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Avec ses vingt-cinq ans de carrière, l’Irlandaise a vendu des millions de disques à travers le monde et a collaboré avec les plus grands noms du rock : U 2, Peter Gabriel, Massive Attack… Son dernier passage au FIL date de 2007, elle y présente aujourd’hui son nouvel album, How About I Be Me (And you Be You) qui parle de ses fragilités et de ses doutes, de ses loupés existentiels : l’amour, la perte, l’espoir et le regret, la douleur et la rédemption, la colère et la justice, la vie et la mort.

Sa présence est sur la scène d’une intensité rare, intérieure et tout en profondeur.

Silhouette fragile et menue engoncée dans une ample robe bordeaux façon Manga, elle fait jouer sa voix depuis la suavité d’un murmure à des montées de colère implacable. L’émotion qu’une telle voix et musique dégagent, entretient une tension extrême chez le public, attentif à l’écoute de la douleur et de la souffrance si ardemment exprimées.

L’interprétation de Sinead O’Connor est authentique, venue du tréfonds de son histoire personnelle et d’une vie poignante malgré elle. Elle chante Queen of Denmark de John Grant avec allure et sincérité, puis elle vogue naturellement – mais dans un questionnement personnel ininterrompu – entre folk, pop, rock, jazz et reggae. À la fin, elle interprète a capella le dernier couplet de Before we end our day.

Ce répertoire nouveau est différent de son album de 2007 Theology, inspiré par les Saintes Écritures, mais il n’en reste pas moins habité par une âme mystique qui ne se lasse pas d’interpeler sa présence au monde.

Un concert d’exception, une invitation à redécouvrir les albums d’une artiste sublime.

Véronique Hotte

Colline Hill, Imelda May et Sinead O’Connor au Festival Interceltique de Lorent, du 2 au 11 mai 2013.

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